Job d’été: des règles spécifiques pour l’embauche des jeunes

INTERVIEW Chaque été, des flots de jeunes viennent grossir les rangs des entreprises pour acquérir de l’expérience et se faire un peu d'argent. Mais en fonction de leur âge, tous les postes ne leur sont pas accessibles

Propos recueillis par Julie Polizzi pour 20 Minutes

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L'embauche d'un jeune peut impliquer certaines restrictions s'il est mineur.
L'embauche d'un jeune peut impliquer certaines restrictions s'il est mineur. — IStock / City Presse

À la montagne comme à la plage, dans les entreprises de services comme dans celles de tourisme, les étudiants et jeunes actifs se ruent chaque été sur les places à prendre. Le législateur a toutefois pris les choses en main pour protéger ces candidats inexpérimentés, comme l’explique Philippe Wagner, le cofondateur de « Captain Contrat », spécialiste des questions juridiques en entreprise.

Que faut-il entendre par « jobs d’été » ?

Ce terme générique regroupe différentes notions. Il y a d’abord les contrats CDD saisonniers, qui sont liés à des activités dépendant des saisons, comme l’agriculture par exemple. Cela recouvre aussi ce qu’on appelle les petits boulots proposés pendant les grandes vacances et qui visent particulièrement les jeunes souhaitant se forger une expérience. Enfin, il y a toutes les offres en CDD ou en intérim qui correspondent aux besoins en main-d’œuvre des entreprises, afin de pallier les départs en vacances de leurs salariés.

Les contrats comprennent-ils des spécificités pour les jeunes ?

Il y a plusieurs restrictions pour les mineurs. De façon générale, les travaux qui excèdent leur force et peuvent les mettre en danger sont interdits. De même, ils sont limités à 35 heures de travail par semaine et doivent bénéficier de deux jours de repos consécutifs. Entre 16 et 18 ans, les jeunes n’ont pas non plus le droit de travailler entre 22h et 6h du matin. Mais il existe des dérogations dans certains secteurs comme la restauration, le bâtiment ou le spectacle.

D’autre part, pour recruter un mineur de 14 à 16 ans, il faut en passer par une demande à l’inspection du travail et par l’accord des parents. Outre le respect des règles mentionnées, l’adolescent ne peut travailler que pendant les vacances scolaires et doit en conserver au moins la moitié en repos. Les dérogations sont ici moins nombreuses.

Les mineurs doivent enfin passer la visite d’information et de prévention avec la médecine du travail avant d’entrer en poste, alors que les autres salariés peuvent le faire dans les trois mois qui suivent.

Qu’en est-il en termes de rémunération ?

Les jeunes recrutés en intérim ou en contrat à durée déterminée (CDD) doivent être payés au minimum au smic dès lors qu’ils sont majeurs. Mais les mineurs sont moins rémunérés. La loi prévoit un abattement de 10 % par rapport au smic lorsque l’employé a entre 17 et 18 ans et moins de six mois d’expérience, contre -20 % avant 17 ans.

À l’heure actuelle, cela revient à payer un tout jeune adolescent environ 8 euros bruts de l’heure, contre quelque 9 euros s’il a 17 ans et environ 10 euros s’il est majeur.

Beaucoup de jeunes profitent de l’été pour effectuer un stage. Quelle est la réglementation en vigueur ?

Contrairement à une embauche en CDD ou en intérim, un stagiaire ne doit pas remplacer un salarié en vacances ou permettre à l’entreprise de faire face à un accroissement temporaire de travail, puisque l’objectif est de le former. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne perçoit qu’une gratification, et non un véritable salaire, fixée par la loi à au moins 3,75 euros bruts de l’heure à partir de deux mois consécutifs dans la société. Les mêmes restrictions horaires s’appliquent selon l’âge.

Que doivent vérifier les jeunes avant de postuler pour un job d’été ?

Il faut être conscient que les employeurs ne connaissent pas forcément toutes les spécificités en la matière, surtout au vu du nombre de dérogations par secteur. Les jeunes doivent donc être attentifs aux horaires et au volume de travail qui sont obligatoirement précisés dans l’annonce, puis dans le contrat. Vérifiez aussi que le salaire correspond au minimum légal. Enfin, sans pour autant connaître toutes les subtilités de la législation, les candidats mineurs doivent avoir en tête qu’un job d’été ne doit pas les mettre en danger ni être trop pénible. C’est une notion qu’ils doivent mettre en balance au moment de consulter le détail des missions et tâches prévues pour le poste.

Il n'est pas trop tard pour trouver un job d'été