Crise: Les Bourses dévissent toujours malgré le "sauvetage" d'AIG

SYNTHESE Le CAC 40 descend sous la barre des 4.000 points et les places asiatiques plongent sur fond de rumeurs inquiétantes...

Sa. C. avec agence

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La Bourse de New York a terminé sans direction claire lundi, dans un marché calme pour le dernier jour de transaction du trimestre, malgré une poussée du pétrole au delà de 143 dollars le baril: le Dow Jones a gagné 0,03%, et le Nasdaq a perdu 0,98%
La Bourse de New York a terminé sans direction claire lundi, dans un marché calme pour le dernier jour de transaction du trimestre, malgré une poussée du pétrole au delà de 143 dollars le baril: le Dow Jones a gagné 0,03%, et le Nasdaq a perdu 0,98% — Mario Tama AFP/Getty Images/Archives

La nouvelle du "sauvetage" de l’assureur américain AIG n’a pas suffi à rassurer le marché financier. Au contraire: la Bourse de Paris a ouvert sur une nouvelle baisse jeudi, le CAC 40 cédant 0,46% et descendant sous le seuil psychologique des 4.000 points.

La veille, Wall Street avait connu une nouvelle journée noire, la nationalisation d’AIG confortant les analyses les plus pessimistes sur la gravité de la crise. Le Dow Jones a lâché 4,06% et le Nasdaq 4,94%. Jeudi matin, c’est au tour des Bourses d'Asie-Pacifique de dégringoler.

Crise de confiance

A Tokyo, qui avait connu un court répit mercredi, l'indice Nikkei plongeait de 3,18% en milieu de séance et évoluait à son plus bas niveau en plus de trois ans, plombé par les valeurs bancaires et par celles des grands exportateurs japonais qui risquent de pâtir de la crise. De son côté, l'indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong s'est effondré de 5,02%, l'indice composite de Shanghai de 4,63%, le Straits Times de Singapour de 3,56%, le Kospi de Séoul de 3,25% et le S&P/ASX200 de Sydney de 3,83%. Au même moment, Manille chutait de 3,40% et Taïpeh de 3,65%.

Après AIG, Lehman Brothers, Freddie Mac, Fannie Mae, Bear Sterns et autres, les investisseurs se demandent quel sera le prochain géant américain de la finance à chuter, ont expliqué les opérateurs asiatiques. La faute aux rumeurs, toutes plus effrayantes les unes que les autres, qui handicapent le retour à la confiance. «La peur monte au sein du système bancaire», ont expliqué des analystes de la banque Calyon, cités par Dow Jones News Wires.

Morgan Stanley rachetée?

Et les concentrations bancaires se multiplient ses derniers jours. Après Merrill Lynch, rachetée lundi par Bank of America, c’est au tour de la banque britannique Lloyds TSB d’annoncer jeudi le rachat de sa consoeur Halifax Bank of Scotland (HBOS) pour 12,2 milliards de livres (15,4 milliards d'euros).

Et Morgan Stanley, l’une des deux dernières «big five» des banques d’affaires américaines (avec Goldman Sachs) après la déroute de Lehman Brothers, Bear Stearns et Merrill Lynch, est également en grande difficulté: selon le «New York Times» a affirmé mercredi soir que la banque d'affaires américaine, qui a perdu plus de la moitié de sa valeur en Bourse depuis une semaine négociait une fusion avec la banque généraliste Wachovia. Vraiment pas de quoi rassurer le marché.