Doit-on payer des impôts sur les petits boulots?

ARGENT Concilier scolarité et travail est une obligation pour bon nombre d’étudiants. Mais quel impact cette pseudo-vie professionnelle a-t-elle en termes d’impôts?

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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Sous réserve de respecter certains plafonds, les salaires des petits boulots étudiants ne sont pas imposables.
Sous réserve de respecter certains plafonds, les salaires des petits boulots étudiants ne sont pas imposables. — IStock / City Presse

Poursuivre ses études dans le supérieur coûte cher. Pour joindre les deux bouts, près d’un étudiant sur cinq doit donc travailler en parallèle de ses cours, d’après les chiffres de l’Insee. Mais qui dit revenus, dit en principe impôts. L’État étant conscient de la précarité des jeunes, il a mis en place un régime fiscal avantageux. Sous réserve de respecter certaines conditions, les salaires issus de petits boulots ou jobs d’été ne seront donc pas imposables.

Échapper aux taxes

Pour ce faire, il faut avoir 25 ans ou moins au 1er janvier de l’année d’imposition, tandis que la somme totale des revenus ne doit pas dépasser une limite annuelle correspondant à trois fois le montant mensuel du smic, autrement dit 4.495 euros bruts pour 2018, contre 4.564 euros en 2019. À titre indicatif, un job étudiant effectué à raison de dix heures par semaine, durant dix mois, et payé au salaire minimum, permet de gagner moins de 4.000 euros en un an. Vous n’avez donc pas à vous en faire pour les impôts.

Qu’en est-il des stages ? À partir de deux mois de présence en entreprise, ils doivent être rémunérés. Or, en principe, ces revenus sont imposables. Néanmoins, le Code de l’éducation prévoit une exonération pour les stages et périodes de formation en milieu professionnel dès lors que les gratifications versées sont inférieures au montant annuel du smic, soit 17.982 euros pour 2018 et 18.255 euros en 2019. Si des revenus sont plus importants, la fraction excédant ces seuils devra être déclarée.

Avec ou sans famille

On pourrait penser, à tort, que ces questions d’impôts ne concernent que les parents. Mais à partir de 18 ans, il faut normalement déposer une déclaration de revenus à titre personnel et ce, même si l’individu n’a perçu aucune rémunération. Toutefois, si celui-ci a moins de 25 ans et qu’il poursuit ses études, il est possible de demander à être rattaché au foyer fiscal des parents, plutôt que d’être imposé personnellement.

Si la perspective de retarder au maximum la gestion de cette tâche fiscale est tentante, tout est cependant affaire de calcul. Selon la situation de la famille, il peut en effet être plus avantageux d’effectuer ce rattachement ou au contraire de réaliser des déclarations séparément. Il est possible d’utiliser le simulateur des impôts pour faire le point.

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