Baisse d’impôts: Ce qu’il faut retenir des annonces d’Edouard Philippe

FISCALITE La baisse devrait atteindre 27 milliards d’euros sur le quinquennat

N.R. avec AFP

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Edouard Philippe le 12 juin 2019 à l'Assemblée Nationale.
Edouard Philippe le 12 juin 2019 à l'Assemblée Nationale. — Jacques Witt/SIPA
  • Edouard Philippe a détaillé mercredi les baisses d’impôts que le gouvernement mettra en œuvre.
  • Au moins 17 millions de foyers verront leur impôt sur le revenu diminuer.
  • Les mesures devraient néanmoins entraîner une réduction des dépenses publiques, qui n’ont pas été détaillées.

Lors de son discours de politique générale prononcé ce mercredi, Edouard Philippe a parlé au portefeuille des Français. Le Premier ministre a expliqué avoir reçu « 5 sur 5 » le « message d’exaspération fiscale » qui s’est notamment exprimé avec le mouvement des « gilets jaunes ».

« Les impôts des ménages baisseront durant ce quinquennat de 27 milliards d’euros », a assuré le Premier ministre devant les députés, qualifiant ce chiffre « d’historique ». Même si les mesures annoncées ne sont pas nouvelles – Emmanuel Macron avait déjà posé le cadre fin avril –, Edouard Philippe s’est attaché à détailler le calendrier et le montant précis des baisses d’impôts.

Impôt sur le revenu : Baisse du taux et gains moyens

La première tranche de l’impôt sur le revenu (IR) va passer de 14 % à 11 % dès l’année prochaine. Concrètement, un célibataire qui déclare 10.000 euros de revenus verra son impôt baisser d’environ 300 euros sur un an. Ce geste sur la première tranche concerne 12 millions de foyers fiscaux, avec un gain moyen de 350 euros par foyer. « Cela représente (…) un tiers de l’impôt en moyenne » a rappelé Edouard Philippe.

Les 5 millions de foyers qui rentrent dans la deuxième tranche de l’IR (celle à 30 %) auront eux aussi droit à une baisse, plus modeste : 180 euros en moyenne par foyer. Au total, cet effort représentera un manque à gagner d’environ 5 milliards d’euros pour les finances publiques.

Taxe d’habitation : Suppression totale

Le premier ministre a confirmé la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales « pour l’ensemble des Français », ce qu’avait déjà annoncé Emmanuel Macron en janvier dernier. Edouard Philippe a néanmoins précisé le calendrier. En 2020, 80 % des Français n’auront plus aucune taxe d’habitation à payer. Pour les 20 % restants, il faudra attendre…. 2023. Le coût total de la mesure est estimé à 17 milliards d’euros.

L’addition : qui va payer ?

Ces baisses importantes d’impôts ne seront pas sans conséquences sur le budget de l’État. Comme le gouvernement ne veut pas créer de nouvel impôt et qu’il affirme vouloir réduire la dette (et donc ses emprunts), il ne lui reste qu’une seule voie : la réduction des dépenses publiques. Edouard Philippe a d’ailleurs convenu mercredi qu’il fallait « faire des choix ».

Néanmoins, il n’a pas donné de détails sur les économies envisagées, laissant le soin au ministre des Finances Bruno Le Maire et à celui des Comptes publics Gérald Darmanin de dévoiler « au début du mois de juillet les choix du gouvernement ».

Le Premier ministre a néanmoins rappelé certaines pistes. La suppression de niches fiscales et sociales jugées « anti-écologiques », celles « concentrées sur les très grandes entreprises » ou encore celles qui « réduisent les droits sociaux des salariés, comme la déduction forfaitaire spécifique » pourrait être mise en œuvre. Le gouvernement avait aussi prévenu début mai les entreprises de bâtiment et travaux publics (BTP) qu’il envisageait d’augmenter un impôt sur leurs carburants.