Crise bancaire, pas de panique

Angeline Benoit - ©2008 20 minutes

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Nicolas Sarkozy refuse pour l'instant de commenter, Bercy craint pour l'emploi et le Medef évoque un « ralentissement général ». La faillite lundi de la banque américaine Lehman Brothers suscitait hier les pires craintes. Faut-il vraiment s'inquiéter de ses conséquences pour la France ?

· Nos banques Elles assurent avoir peu prêté à leur consoeur, sans trop préciser les montants et risques. Toutefois, « les établissements français et européens sont en partie protégés par le fait que ce ne sont pas seulement des banques d'affaires, comme Lehman Brothers. L'essentiel de leur activité est lié aux particuliers et aux entreprises. Etre une banque de dépôt garantit une base de financement stable », explique Nuno Teixeira, directeur général adjoint de Schroders France.

· Le crédit Si les banques se mettaient à prêter moins, elles plomberaient la consommation des ménages et l'investissement des entreprises. Les banques centrales leur prêtent donc régulièrement des dizaines de milliards de dollars pour leur équilibre quotidien.

· La croissance Elle fléchit aux Etats-Unis et les pays européens, dont la France, ont connu un recul au printemps. Mais le chômage français reste stable et la prévision de croissance à 1 % en 2008. Enfin, le paysage immobilier est incomparable avec les Etats-Unis, l'Espagne ou le Royaume-Uni, où une bulle a explosé sur fond de distribution excessive de prêts. Ici, point de surendettement et de chute des prix. Seules nos exportations peuvent souffrir de ces malheurs.

· La Bourse Il n'y a pas autant d'investisseurs qu'aux Etats-Unis et ils sont plus petits. De plus, une annonce politique peut très vite renverser la baisse (30 % depuis juillet 2007).

Donc pas de panique. On peut espérer avec le Prix Nobel Joseph Stiglitz que « les outils fiscaux et monétaires permettront d'éviter une autre grande dépression ».