Assurance chômage: Le gouvernement envisage de durcir les conditions d'accès

REFORME Les propositions du gouvernement vont plus loin que celles du Medef déjà refusées par les syndicats cet hiver

20 Minutes avec AFP

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Murielle Pénicaud est ministre du Travail depuis mai 2017.
Murielle Pénicaud est ministre du Travail depuis mai 2017. — Jacques Witt/SIPA

Le gouvernement envisage de durcir les conditions d’accès à l’assurance chômage dans le cadre de la réforme qu’il doit présenter d’ici deux semaines, mais le ministère du Travail a précisé vendredi que les modalités n’étaient pas encore arbitrées.

L’hypothèse d’un passage de quatre mois travaillés sur les 28 derniers mois, à six mois sur les 24 derniers pour pouvoir être indemnisé, a été retenue par l’exécutif, selon Les Echos. L’entourage de la ministre du Travail Muriel Pénicaud a assuré que ce sujet n’était pas arbitré mais n’a pas démenti.

Plus loin que le Medef

Des sources syndicales et patronales confirment que cette piste des conditions d’accès est sur la table mais ne sont pas au courant des détails, déplorant que le ministère du Travail ne les informe pas. Cette piste avait été présentée par le patronat pendant la négociation entre partenaires sociaux, qui a échoué cet hiver. Mais le patronat n’envisageait alors pas de modifier le minimum des quatre mois travaillés, seulement de revenir sur la période d’affiliation de vingt-huit à vingt-quatre mois.

Si ce passage de quatre à six mois était retenu, ce serait « une mesure purement budgétaire, en contradiction avec le discours du gouvernement soi-disant d’incitation de retour à l’emploi », a averti Marylise Léon (CFDT). En 2017, les dépenses d’allocation correspondant à des droits de quatre à six mois s’étaient élevées à 1,1 milliard d’euros, soit 4 % des dépenses d’indemnisation totales, selon l’Unédic.

250.000 à 300.000 personnes concernées

« On se doutait qu’il pourrait y avoir des mesures très dures, du fait du report des annonces après les élections européennes », a déclaré Denis Gravouil (CGT). Selon ses calculs, cela signifie « entre 250.000 et 300.000 personnes » empêchées d’accéder à l’assurance chômage. « Bien sûr, le gouvernement va dire que, de l’autre côté, il fait le bonus-malus pour les entreprises et que la précarité va se réduire », a-t-il poursuivi.

La réforme comportera plusieurs autres mesures, dont l’instauration d’un bonus-malus pour les entreprises qui abusent des contrats courts, la dégressivité et le plafonnement des allocations pour les très hauts revenus ainsi qu’un renforcement de l’accompagnement des chômeurs. L’exécutif met en avant la nécessité d’inciter au retour à l’emploi durable et de désendetter l’Unédic. Il souhaite faire entre 1 et 1,3 milliard d’économies par an sur trois ans, un chiffre qui hérisse les syndicats.