Calais: Trois ans après sa reprise par un groupe chinois, le dentellier Desseilles menacé de faillite

ECONOMIE Racheté par un groupe chinois en 2016, le dentellier calaisien Desseilles vient d'être placé en redressement judiciaire

G.D. avec AFP

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Illustration de dentelle de Calais. Ici, au musée de la dentelle, à Calais.
Illustration de dentelle de Calais. Ici, au musée de la dentelle, à Calais. — Baziz Chibane / SIPA
  • Desseilles, un fleuron de la dentelle de Calais, vient d’être placé en redressement judiciaire.
  • Le dentellier avait été repris, il y a 3 ans, par le groupe chinois Yongsheng.
  • « Le groupe n’a pas tenu les promesses d’investissements qui avaient été faites », dénonce le directeur qualité de Desseilles.

Le site emploie 73 salariés. Le dentellier Desseilles, fleuron de l’industrie de la dentelle de Calais, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais. Et ce, trois ans après sa reprise par le groupe chinois Yongsheng, a-t-on appris, ce vendredi.

« Promesses d’investissement non tenues »

L’entreprise, rebaptisée My Desseilles lors de sa reprise, a été placée en redressement judiciaire jeudi « pour une durée de trois mois », a indiqué Marc Bohler, directeur qualité de la société, confirmant une information de La Voix du Nord. Une audience « intermédiaire » doit se tenir le 18 juillet.

« Lorsque le groupe nous a repris, des promesses d’investissements avaient été faites, mais elles n’ont pas été tenues, donc on n’a pas pu investir dans de nouveaux métiers ou dans leur entretien », a dénoncé ce responsable, précisant que l’entreprise cherchait désormais un nouveau repreneur.

« Ils se sont engagés pour trois ans et au bout de trois ans, comme ils n’ont pas vu de retour sur investissement, ils ont décidé d’arrêter », a ajouté Marc Bolher, estimant que les repreneurs « n’avaient pas la connaissance du métier ».

« On craignait la liquidation »

Le repreneur « nous a lâchés du jour au lendemain et a arrêté de financer l’entreprise », a regretté Renato Fragoli, représentant des salariés. « Le placement en redressement judiciaire est un soulagement car on craignait la liquidation », a-t-il ajouté.

Lors de la reprise en mars 2016, parmi les trois offres de reprise possible, le tribunal avait privilégié la meilleure en faveur de l’emploi, Yongsheng s’étant alors engagé à sauvegarder la quasi-totalité des emplois.

« Du moyen de gamme à l’ultra-luxe »

Le groupe avait notamment promis de maintenir les emplois conservés pour une durée minimale de trois ans, et à garder l’activité pour cinq ans au moins à Calais.

Desseilles fait partie des fleurons de l’industrie dentellière calaisienne, avec une production de lingerie « du moyen de gamme à l’ultra-luxe ». Le dentellier exporte environ 70 % de sa production, notamment en Asie.