Renault: L'Etat français «prend acte» du retrait de l'offre de Fiat

FINALEMENT NON Le constructeur automobile italo-américain a expliqué ce jeudi qu’il retirait son offre de fusion, déposée le dimanche 26 mai

20 Minutes avec AFP

— 

Bruno Le Maire, mlinistre de l'Economie, le 23 mai 2019.
Bruno Le Maire, mlinistre de l'Economie, le 23 mai 2019. — Martin BUREAU / AFP

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a indiqué ce jeudi prendre « acte » du retrait de l’offre de fusion avec Renault par Fiat Chrysler (FCA), assurant que l’Etat français avait travaillé « de manière constructive » sur ce projet. Une source proche du constructeur italo-américain a dénoncé une « position soudaine et incompréhensible de Bercy ».

« Dès la présentation de cette offre, l’Etat, actionnaire de Renault à 15,1 %, l’a accueilli avec ouverture et a travaillé de manière constructive avec l’ensemble des parties prenantes », a déclaré le ministre dans un communiqué, en soulignant qu’un accord avait été obtenu sur trois des quatre grands sujets sur la table des négociations, avant leur rupture. FCA a retiré dans la nuit de mercredi à jeudi sa proposition de fusion avec Renault pour former le numéro 3 mondial de l'automobile, faute d’obtenir un engagement rapide du groupe français, freiné par l’Etat actionnaire.

Des conditions politiques « pas réunies »

Le constructeur automobile italo-américain a expliqué qu’il retirait son offre de fusion, déposée le dimanche 26 mai, parce que « les conditions politiques [n’étaient] actuellement pas réunies en France pour mener à bien un tel rapprochement ». « Toutes les conditions étaient réunies hier pour aboutir à un vote positif » du Conseil d’administration du groupe au losange, a assuré plus tard une source proche de Fiat à l’AFP sous couvert d’anonymat. Le constructeur italien regrette « les nouvelles exigences du gouvernement français » lors de ces discussions qui ont échoué dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon cette source, ce sont ces exigences « qui ont conduit à cette situation dommageable pour toutes les parties ».

« L’Etat avait fixé quatre conditions à son accord définitif », a rappelé dans son communiqué Bruno Le Maire : la réalisation de cette opération dans le cadre de l’alliance entre Renault et Nissan, la préservation des emplois et des sites industriels en France, le respect dans la gouvernance des équilibres entre Renault et FCA, et la participation de ce futur ensemble à l’initiative des batteries électriques engagée avec l’Allemagne.

Le soutien manquant de Nissan

« Un accord avait été trouvé sur trois de ces conditions. Il restait à obtenir un soutien explicite de Nissan », a souligné Bruno Le Maire. « L’Etat a donc souhaité que le Conseil d’administration dispose d’un délai additionnel de cinq jours pour s’assurer du soutien de l’ensemble des parties prenantes », a-t-il ajouté. « Renault, au sein de l’Alliance, détient l’ensemble des atouts pour relever les défis auquel fait face le secteur de l’automobile notamment en matière de véhicule électrique et de réduction des émissions », a-t-il toutefois assuré.

Lors de la réunion du conseil d’administration du groupe au losange, rassemblé au siège de Boulogne-Billancourt pour étudier la proposition de fusion, la plupart des administrateurs de Renault se sont prononcés pour une fusion, selon une source proche du dossier. Le ministre de l’Economie a néanmoins fait savoir « qu’il voulait un conseil [d’administration] mardi [prochain] après son voyage au Japon » prévu en fin de semaine, pour s’entretenir au préalable avec son homologue japonais de ce projet et ne pas risquer un divorce d’avec Nissan, l’allié de 20 ans de Renault, a expliqué cette source.