Impôts: Si les Français attendent toujours le dernier moment pour déclarer leurs revenus, «c’est par procrastination»

VOUS TEMOIGNEZ Pour certains, la déclaration d’impôts est un vrai calvaire. Que ce soit un oubli, une phobie ou une volonté, vous le faites au dernier moment

Pierre Cloix

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A cette vue, vos poils se hérissent
A cette vue, vos poils se hérissent — Raphael BLOCH/SIPA
  • Vous aviez jusqu’au 4 juin pour remplir votre déclaration de revenus en ligne
  • Après un afflux trop important de connexions de derniers moments, le site impots.gouv.fr a planté.
  • Nous vous avons donc demandé pourquoi vous déclariez toujours vos revenus au dernier moment

« Phobie administrative ». Le terme est populaire et vous êtes nombreux à l’utiliser pour justifier la raison pour laquelle vous déclarez vos revenus au mieux au dernier moment, au pire en retard. Pour autant, les motivations (ou leurs absences) derrière cette culture de la limite sont propres à chacun. Bienvenue dans le monde des « mauvais élèves »

La flemme

Vous croyiez que les devoirs étaient seulement réservés aux écoliers ? Que nenni. Les impôts font partie des obligations réservées aux adultes, et c’est loin de vous plaire : « J’attends le dernier moment par pure procrastination…. Cela me rappelle le monde du travail, les tâches que je dois accomplir au quotidien et je souhaite au maximum préserver l’espace de détente que représente mon domicile… », explique Catherine.

Même son de cloche pour Tania : « Procrastination et réelle flemme. Je me dis j’ai le temps ça va je suis large ! Et le jour fatidique arrive où je n’ai plus d’alternative. En fait c’est chiant et inintéressant ! ». Et si le souci ce n’était pas les impôts ? « La paperasse d’où qu’elle vienne m’ennuie terriblement », avoue Annie.

Fait exprès ?

Plus rare, certains de nos internautes prennent le parti de repousser l’échéance le plus tard possible. Pas par oubli, ni par peur de la paperasse, mais plutôt pour exprimer une opinion. « Je fais ma déclaration à la dernière minute, car ras-le-bol d’être une vache à lait. Toujours payer, payer, payer. Des salaires au plus bas, le prix de l’essence qui lui augmente sans cesse… Certes cela ne change rien au fait qu’il faille faire sa déclaration, mais retarder le cas échéant, c’est ne pas y penser », selon Lessica.

Damien, lui, ne cache pas ses intentions : « C’est tout simplement pour engorger les services publics et donner plus de travail aux agents ». Thierry est, quant à lui, encore plus appliqué dans son jusqu’au-boutisme : « Je postais déjà ma déclaration à minuit de la poste du Louvre alors que j’habitais en banlieue parisienne. La procrastination électronique est encore plus simple. »

Une vraie phobie

Parmi les témoignages que vous nous avez envoyés, certains laissent transparaître une réelle crainte : « J’ai commencé à remplir ma déclaration d’impôts le 16 avril, pour la finir le 3 juin : gros stress trop peur de me tromper de case et ne pas remplir les bonnes informations. J’ai effectué trois déplacements au centre des impôts pour demander de l’aide, comme chaque année, mais cette année ce n’est plus possible », témoigne Naziha. « Toujours compliqué, des termes imbuvables, peur de me tromper, bref pour moi c’est toujours un moment de stress. », ajoute Audrey.

La phobie administrative, un phénomène récent ? Corinne nous a donné quelques éléments de réponses : « En tant qu’ancienne employée des impôts, je peux vous dire que cela a toujours existé du fait du sentiment de la corvée obligatoire. » Finalement, c’est bien la contrainte qui semble être le dénominateur commun à tous ceux qui déclarent leurs revenus en retard. La filiation entre le « DM » de maths et les impôts semble de fait tout à propos. Mais est-ce bien la seule raison ? Pas pour Raimundo en tout cas : « J’espère toujours qu’ils vont annuler, jusqu’au dernier moment ».