Taxer le kérosène menacerait 3 à 4.000 emplois en France, estime la fédération du secteur aérien

AVIATION Le kérosène est exonéré en France de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE)

20 Minutes avec AFP

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Photo d'illustration d'un avion d'Air Corsica, ici en décembre à Ajaccio.
Photo d'illustration d'un avion d'Air Corsica, ici en décembre à Ajaccio. — PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

La suppression de 3 à 4.000 emplois, c’est ce pourrait entraîner la mise en place d’une taxe sur le kérosène, a estimé le délégué général de la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam), ce mardi. Selon Georges Daher, la perte de l’avantage fiscal des compagnies aériennes sur le kérosène leur coûterait près de « 350 millions d’euros ».

« Cet avantage est estimé à près de 350 millions d’euros pour les compagnies françaises​ », a estimé Georges Daher sur Radio Classique, ajoutant que sa perte pourrait aussi « avoir un impact sur les emplois », avec « 3 à 4.000 suppressions d’emplois supplémentaires sur le marché français ».

Le gouvernement espère une taxation du kérosène au sein de l’UE

Pour le seul groupe Air France, une taxation sur le kérosène représenterait « 250 millions de dépenses supplémentaires », a-t-il ajouté. Le kérosène est exonéré en France de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE).

Le ministre de la Transition écologique François de Rugy a affirmé lundi la volonté du gouvernement français de « mener la bataille » afin de mettre en place une taxation du kérosène au sein de l’Union européenne.

« Bashing antiaérien »

Les « compagnies françaises sont déjà défavorisées par rapport à d’autres compagnies européennes en termes de fiscalité et de taxation », a poursuivi le responsable de la Fnam, précisant que la part de marché des compagnies françaises en Europe « recule pratiquement d’un point par an depuis 10 à 15 ans ».

« On voit beaucoup de bashing antiaérien en ce moment j’espère que c’est plutôt conjoncturel », a-t-il ajouté. « Ça nous paraît injuste car il y a déjà beaucoup d’efforts qui sont faits », a-t-il ajouté en citant le marché du carbone européen (Système d’échange de quotas d’émissions SEQE, ou ETS selon son acronyme anglais) et Corsia, un mécanisme mondial de compensation des émissions de CO2.