General Electric à Belfort: Bruno Le Maire appelle à réduire les suppressions d'emplois

PLAN SOCIAL « 1.050 emplois supprimés, c’est trop », a lancé le ministre de l’Economie à l’issue d’une rencontre avec les représentants des salariés et les élus locaux

20 Minutes avec AFP

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Les syndicats de General Electric mobilisés le 21 mai.
Les syndicats de General Electric mobilisés le 21 mai. — SEBASTIEN BOZON / AFP

Arrivé et reparti sous les huées. A Belfort ce lundi, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a exhorté General Electric à revoir à la baisse le nombre de suppressions d’emplois prévues par son plan social. «  1.050 emplois supprimés, c’est trop, a lancé le ministre à l’issue d’une rencontre avec les représentants des salariés et les élus locaux. Je ne sais pas de combien nous pourrons descendre – je ne vais pas prendre d’engagement chiffré – mais je pense qu’il est important que GE revoie sa copie. »

« C’est une condition préalable pour que les choses s’apaisent sur le site », a encore relevé le ministre, considérant néanmoins qu'«entrer en conflit frontal» avec GE n'était «pas une bonne idée». Bruno le Maire est arrivé vers 15h30 sur le site industriel sous les huées et les sifflets de 700 à 900 personnes (selon la police) réunies quelques instants auparavant pour une assemblée générale convoquée par les syndicats. Le ministre a été particulièrement conspué par une vingtaine de « gilets jaunes » qui s’étaient placés au premier rang des manifestants.

L’aéronautique, activité « la plus prometteuse »

Devant la presse, Bruno Le Maire a également déclaré vouloir des assurances de l’industriel américain que le plan social annoncé n’était pas « un plan de liquidation dissimulé » de l’activité turbines à gaz du site de Belfort, la plus touchée par les suppressions de postes. « La vraie crainte (chez les salariés) est que, dans le fond, on fasse disparaître, discrètement mais sûrement, une activité sur le site de Belfort. Et ça, il n’en est pas question. Donc, c’est à GE d’apporter tous les éléments d’assurance nécessaires », a insisté le ministre.

Le ministre était venu aussi pour évoquer « la diversification industrielle » du site, afin de lui garantir un avenir. « C’est l’aéronautique qui est aujourd’hui l’activité la plus prometteuse, celle sur laquelle, je pense, nous pouvons investir », a-t-il répété. Bruno Le Maire souhaite la création d’une société pour développer cette activité sur le site, capitalisée en premier lieu par GE. « Pour chaque euro apporté par GE à cette société, je suis prêt à apporter un euro d’argent public à travers la Banque publique d’investissement », s’est-il engagé.

Pour Damien Meslot, le maire LR de Belfort, « la diversification industrielle du site de Belfort par la production de turboréacteurs d’avions est la piste la plus prometteuse et la plus rapide ». « Les autres pistes, aussi très prometteuses, sont encore à travailler », a-t-il ajouté, annonçant la création d'« un comité de suivi présidé par le ministre lui-même et intégrant les élus locaux et les organisations syndicales pour veiller à la sauvegarde du savoir-faire industriel de notre territoire ».

« Je veux être clair, Belfort ne fermera pas »

« Nous faisons un pas, à GE de faire le pas suivant », a observé Bruno Le Maire, alors que, dans un communiqué, la direction de GE s’est contentée de prendre « note de la position du ministre ». Pour rappel, GE emploie quelque 4.300 salariés à Belfort, dont 1.900 dans l’entité qui fabrique des turbines à gaz, activité frappée par 800 des 1.050 suppressions d’emplois prévues par l’industriel américain.

«Je veux être clair, Belfort ne fermera pas. Il restera le premier site industriel de GE Power en Europe. Nous y avons des compétences d’excellence », avait tenté de rassurer le directeur général de General Electric France, Hugh Bailey, dans une interview accordée au Journal du Dimanche. Jeudi dernier, le PDG de GE Larry Culp a, quant à lui, une nouvelle fois critiqué la décision d’un de ses prédécesseurs de racheter le pôle Energie du fleuron français Alstom en 2015. Une acquisition dont le calendrier tombait mal, selon lui, et qui a grossi les capacités de GE au mauvais moment.

Cette acquisition s’était accompagnée de la promesse de créer 1.000 emplois net en France d’ici à la fin 2018. Une promesse non tenue pour laquelle GE a dû payer des indemnités avant d’annoncer donc plus d’un millier de suppressions d’emplois.