GE à Belfort: L'annonce du plan social a-t-elle été décalée pour attendre la fin des élections européennes?

SOCIAL L’annonce de la suppression de 1.050 postes chez General Electric à Belfort a suscité désespoir et questionnements

O. G.

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Illustration de General Electric qui a annoncé la suppression de 1.000 postes à l'usine de Belfort.
Illustration de General Electric qui a annoncé la suppression de 1.000 postes à l'usine de Belfort. — AFP

L'annonce de la suppression de 1.050 postes chez General Electric à Belfort a-t-elle été retardée par Emmanuel Macron pour attendre la fin des élections européennes ? C’est en tout cas l’attaque de Damien Meslot, maire Les Républicains de Belfort. Il s’est agacé sur BFMTV de voir la confirmation du plan social arriver 48h après le scrutin. Si la rumeur courait depuis plusieurs mois, des élus locaux accusent le président français, d'avoir été mis au courant de la décision prise par la direction de GE et de lui avoir demandé de ne dévoiler l’ampleur du plan social que seulement après les élections.

Macron avait autorisé la vente à GE

« J’espère que le président de la République et le gouvernement mettront la même énergie à créer de nouvelles activités à Belfort qu’ils en ont mis pour déplacer l’annonce du plan, après les élections européennes », a ironisé le maire sur la chaîne de télévision. Qui rappelle que c’est Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, qui avait autorisé la vente des activités énergie du groupe français Alstom à General Electric (GE) en novembre 2014.

Macron se dit « extrêmement vigilant »

Le président, qui s’était rendu à un sommet européen à Bruxelles, s’est dit « extrêmement vigilant » sur la situation sociale dans cette entreprise. « Le gouvernement est à l’œuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus », a-t-il déclaré.

Désespoir des salariés

Sur place, les salariés de GE sont assommés par la mauvaise nouvelle… mais peu surpris. Sébastien ne travaille pas dans l’entité gaz mais dans un secteur visé par une procédure de rupture conventionnelle collective (RCC) lancée en début d’année par GE dans sa division énergie.

Lui se dit « surpris par la rapidité de l’annonce après l’élection européenne », au surlendemain du scrutin, et avance, un brin résigné, que « tout était préparé et négocié d’avance » entre le gouvernement et General Electric. « On est assommé », souffle Thierry qui redoute les conséquences de ces suppressions de postes sur la ville de Belfort : « Avec ces départs, les commerçants vont souffrir ».