Comment Nantes veut (re)lancer sa filière nautique

ECONOMIE Nantes a annoncé son ambition de développer un véritable pôle économique tourné vers le nautisme

Julie Urbach

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Le Belem lors de l'édition 2019 de Débord de Loire à Nantes
Le Belem lors de l'édition 2019 de Débord de Loire à Nantes — Salom Gomis/ AFP
  • Le quartier du Bas-Chantenay va devenir « la vitrine du nautisme de demain », avec l’installation de plusieurs entreprises et chantiers navals.
  • La métropole de Nantes espère voir naître des innovations et propose que la Loire serve de terrain d’expérimentations.

C’est un air marin qui souffle sur Nantes depuis une semaine. Après le succès du festival Débord de Loire et le départ de l’Hermione, ce mardi, 47 bateaux et leurs skippers attendent le départ de la Solitaire du Figaro, prévu dimanche à partir de 8h30 du quai de la Fosse. Au-delà du spectacle, qui attire à chaque fois des milliers de Nantais, ces événements témoignent de la « dynamique » qui s’enclenche en coulisses, assure la métropole. Objectif : (re)faire du nautisme une grande filière économique locale.

Quartier en devenir, en attendant le futur Arbre aux hérons, le Bas-Chantenay a été choisi pour devenir « la vitrine du nautisme de demain ». Là où le Belem a été construit, en 1896, c’est un véritable pôle économique maritime qui s’implantera sur la friche de l’Usine électrique. Parmi les entreprises innovantes qui ont déjà signé : AirSeas, qui construit des ailes de cerfs-volants pour tracter des navires, ou encore Black Pepper, chantier naval d’envergure d’où sortira le prochain voilier d’Armel Tripon. « On pourra directement le tester sur la Loire, dans des conditions réelles », se réjouit le skipper.

Le village de la Solitaire du Figaro, à Nantes
Le village de la Solitaire du Figaro, à Nantes - J. Urbach/ 20 Minutes

Un « Sailing Lab » unique en Europe

Navires économes en énergie, mobilités fluviales de demain, nouveaux services autour de la plaisance… Voilà le type d’innovations qu’espère voir fleurir Johanna Rolland, la maire de Nantes, dans ce nouveau quartier, d’où partira une nouvelle ligne de Navibus. Pour cela, elle a annoncé mardi après-midi qu’un « Sailing Lab », le premier d’Europe, sera lancé pour structurer la filière et devenir un laboratoire d’idées. « Il permettra de croiser les regards entre les différents acteurs, avec des expériences qui pourront être directement menées sur la Loire », indique-t-elle.

Mais déjà, de nombreuses idées émergent, et notamment en matière de transport, que la métropole souhaite développer avec le lancement d’un appel à projets en août. Neopolia, groupement d’entreprises du bassin nantais qui porte le projet Navway, espère le remporter. « Nous sommes en train de mettre au point un bateau-bus composé d’une grande plateforme à laquelle seront rattachées des petites vedettes amphibies. Elles pourraient relier le centre-ville à différents points, par exemple entre Nantes et Couëron. » La ville veut enfin miser sur l’Urban boating, pour booster les pratiques nautiques urbaines, notamment sur l’Erdre.