Renault va examiner un projet de fusion avec Fiat Chrysler

AUTOMOBILE L'alliance entre les groupes français et italo-américain donnerait naissance à un géant mondial

20 Minutes avec AFP

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Les logos de Renault et Fiat.(MARCO BERTORELLO and LOIC VENANCE / AFP)
Les logos de Renault et Fiat.(MARCO BERTORELLO and LOIC VENANCE / AFP) — AFP

Le conseil d’administration du groupe Renault a exprimé lundi son « intérêt » pour le projet de fusion entre égaux proposé par l’italo-américain Fiat Chrysler (FCA), a annoncé le constructeur français dans un communiqué.

« Après avoir revu attentivement les termes de cette proposition amicale, le conseil d’administration de Renault a décidé d’étudier avec intérêt l’opportunité d’un tel rapprochement, confortant l’empreinte industrielle du Groupe Renault et générateur de valeur additionnelle pour l’Alliance [avec Nissan et Mitsubishi »] », a déclaré le groupe au losange.

Une source proche du dossier a précisé qu’aucune décision n’était attendue ce lundi sur la fusion elle-même : « Cela va prendre des jours, voire des semaines ».

Chamboulement de l’industrie automobile mondiale

L’offre présentée ce lundi par le constructeur italo-américain, saluée par les marchés et l’Etat français, pourrait chambouler l’industrie automobile mondiale et le rapport de forces entre le constructeur français et son allié japonais Nissan.

Le rapprochement FCA-Renault donnerait naissance au troisième «fabricant d'équipement d'origine» (FEO) mondial, avec des ventes annuelles de 8,7 millions de véhicules et une « forte présence dans des régions et segments clés », a estimé  Fiat Chrysler dans un communiqué.

Le portefeuille des deux groupes est « large et complémentaire, et fournirait une couverture complète du marché, du luxe au segment grand public », a-t-il ajouté.

Alliance 50 %-50 %

C'est d’un mariage dit « entre égaux » qu’il est question : la nouvelle entité serait détenue à 50 % par les actionnaires du constructeur italo-américain et à 50 % par ceux de Renault et serait cotée à Paris, New York et Milan.

Selon une source proche du dossier, John Elkann, petit-fils de Gianni Agnelli, l’emblématique président de Fiat, et actuel président de FCA, pourrait devenir président de la nouvelle entité. Jean-Dominique Senard, actuel président de Renault, serait lui président exécutif. Mais les discussions sont encore en cours.

FCA et Renault, qui fabriquent tous deux des voitures populaires, auraient la possibilité de partager de nombreux éléments techniques.

Pas de fermeture de sites

Renault apporterait son savoir-faire dans l’électrique, et Fiat Chrysler aurait pour dot une part de marché importante en Amérique du Nord, avec des gros SUV et pick-up particulièrement rentables.

FCA a assuré que la fusion ne se traduirait par aucune fermeture de sites de production, tout en évoquant des synergies annuelles supérieures à 5 milliards d’euros.

Le deuxième syndicat de Renault, la CGT, a exigé lundi que l’Etat français, grand actionnaire de Renault, conserve « une minorité de blocage » en cas de fusion, en redoutant « de nouvelles suppressions d’emplois ».

La porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye a déclaré que Paris était « favorable » à celle alliance, tandis que le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite), a jugé l’opération « brillante. Si Fiat croît, c’est une bonne nouvelle ».

Discussions commencées sous Ghosn

Selon une source proche du dossier, cette annonce est l’aboutissement de « discussions qui avaient commencé sous Carlos Ghosn », l’ancien patron emblématique du constructeur français, mis en examen au Japon pour des malversations financières.

Son arrestation fin novembre a déclenché une crise entre Renault et son allié japonais Nissan (qui contrôle Mitsubishi Motors), à l’origine des révélations qui ont déclenché l’enquête.