L'Opep se réunit sur fond de tensions dans le Golfe et une baisse mondiale de la production

PETROLE Les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole se réunissent ce dimanche en Arabie Saudite. Un sommet à forts enjeux alors que les vives tensions dans le Golfe menancent les approvisionnements mondiaux en brut

20 Minutes avec AFP

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L'Amjada, l'un des pétroliers victimes d'acrtes de sabotages, au large des côtes du Golfe, le 13 mai 2019.
L'Amjada, l'un des pétroliers victimes d'acrtes de sabotages, au large des côtes du Golfe, le 13 mai 2019. — AFP

Les principaux pays membres de l'Opep et d'autres producteurs majeurs, dont la Russie, se réunissent dimanche en Arabie saoudite avec pour objectif de stabiliser le marché pétrolier dans un contexte de vives tensions dans le Golfe qui menace les approvisionnements mondiaux en brut.

L'Iran, également membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), sera absent de la rencontre à Jeddah (ouest). Mais le pays devrait être au coeur des discussions qui interviennent quelques jours après des «actes de sabotage» sur des navires dans le Golfe, et après des attaques contre un oléoduc saoudien revendiquées par les rebelles yéménites soutenus par Téhéran.

Sur fond de chute des exportations de brut iranien

Ces discussions ont aussi lieu sur fond de chute des exportations de brut iranien, provoquée par les sanctions imposées par Washington contre Téhéran.

Aucune décision ne devrait toutefois être prise par l'organisation, qui devrait examiner le respect d'engagements pris l'an dernier sur une baisse de la production et formuler des recommandations avant une réunion-clé fin juin, à laquelle participera l'Iran.

Le président américain Donald Trump avait affirmé en avril que l'Arabie saoudite et d'autres pays de l'Opep avaient accepté d'augmenter leur production de pétrole pour en faire baisser les cours.

Malgré la chute des exportations de pétrole iranien et vénézuélien et une baisse de la production des membres de l'Opep à hauteur de 1,2 million de barils par jour depuis janvier, les stocks de brut continuent d'augmenter, selon le ministre émirati de l'Energie, Souheil al-Mazrouei.

Les producteurs doivent encore s'efforcer d'équilibrer le marché, a déclaré le ministre à son arrivée à Jeddah samedi, une façon de souligner que toute accélération de la production pourrait entraîner une chute des prix similaire à celle de fin 2018.

La production mondiale de pétrole a baissé

L'Opep et l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont indiqué que la production mondiale de pétrole avait baissé en avril en raison du renforcement des sanctions américaines contre l'Iran et de la décision de limiter les extractions.

Selon l'AIE, la production iranienne de brut était de 2,6 millions de barils par jour en avril, contre 3,9 millions en avril 2018, un mois avant le retrait unilatéral de Washington de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015.

A son plus bas niveau en cinq ans, la production iranienne pourrait chuter en mai à des niveaux sans précédents depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Les exportations iraniennes passeront de 1,4 millions de barils par jour en avril à environ 500.000 en mai, contre 2,5 millions de barils en temps normal, d'après le cabinet Kpler.

Les données de Kpler montrent que les membres de l'Opep ont tenu leurs engagements de baisse de la production. Mais les exportateurs craignent qu'une hausse précipitée de la production n'entraîne un nouveau surplus.

Des tensions qui montent d’un cran dans le Golfe

Les tensions ont monté d'un cran dans le Golfe après des «actes de sabotage» de trois pétroliers, dont deux saoudiens et un norvégien, et d'un cargo émirati, au large des Emirats arabes unis et une attaque de drones, revendiquée par les rebelles Houthis yéménites, ayant endommagé un oléoduc saoudien.

Ryad a accusé l'Iran d'avoir ordonné l'attaque, qui a visé une cible pétrolière développée pour contourner le détroit d'Ormuz, que l'Iran menace de fermer en cas de conflit avec les Etats-Unis. Début mai, Washington a dépêché un porte-avions et des bombardiers B-52 dans le Golfe.

L'Arabie saoudite «ne veut pas une guerre» avec l'Iran, a affirmé dimanche le ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangères Adel al-Jubeir, tout en assurant que Ryad était prêt «à se défendre».