Nissan accepte l'entrée de Thierry Bolloré, le DG de Renault, au sein de son conseil d'administration

WELCOME Thierry Bolloré est devenu directeur général du constructeur automobile Renault après la chute de l'ancien PDG Carlos Ghosn

20 Minutes avec AFP

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Thierry Bolloré, nouveau PDG de Renault, durant une conférence de presse, le 12 mars 2019 à Yokohama.
Thierry Bolloré, nouveau PDG de Renault, durant une conférence de presse, le 12 mars 2019 à Yokohama. — DELETREE/SIPA/SIPA

Nissan a décidé de remanier profondément son conseil d’administration, faisant un geste envers Renault en y acceptant l’entrée de son directeur général, Thierry Bolloré. Le constructeur japonais reste affaibli par l’affaire Ghosn et de très mauvais résultats.

Sous l’égide de son patron Hiroto Saikawa, qui a l’intention de rester à son poste malgré les critiques, le groupe va proposer aux actionnaires, au cours d’une assemblée générale prévue fin juin, une structure renouvelée et élargie à 11 administrateurs, dont sept issus de l’extérieur du groupe, selon un communiqué publié ce vendredi.

Un soutien de Carlos Ghosn

Thierry Bolloré va ainsi rejoindre le président du conseil d’administration du groupe français, Jean-Dominique Senard, dont la nomination a déjà été approuvée début avril par une AG extraordinaire. Selon une source proche du dossier, « c’est une importante concession, étant donné que la direction de Nissan a très peu confiance en Thierry Bolloré ».

Ce dernier a en effet longtemps soutenu Carlos Ghosn après son arrestation le 19 novembre à Tokyo sur des soupçons de malversations financières, suscitant l’incompréhension et l’ire de Nissan dont une enquête interne est à l’origine de la chute du magnat de l’automobile. Une autre source précise que « M. Senard a poussé pour cette nomination face aux Japonais qui refusaient au début ».

« Diversité » au conseil d’administration

« Pour Renault, l’enjeu est d’avoir au conseil d’administration, à côté de Jean-Dominique Senard, un bon connaisseur du dossier, quelqu’un qui a du poids et qui sera aligné sur les mêmes positions », ajoute cette personne. Sur les recommandations d’un comité de gouvernance, Nissan a par ailleurs plus que doublé le nombre d’administrateurs externes, le portant à sept, afin d’améliorer la transparence, jugée très opaque sous Ghosn, qui concentrait tous les pouvoirs selon le groupe nippon.

Les deux anciens de Renault, Jean-Baptiste Duzan et Bernard Rey, qui siégeaient de manière indépendante, quittent leur poste. Parmi les nouveaux venus, figurent Bernard Delmas, président de Nihon Michelin Tire et ancien président de la CCI au Japon, ou encore Andrew House, président de Sony Interactive Entertainment.

Keiko Ihara, ancienne pilote de course qui a fait son entrée au conseil d’administration en 2018, a souligné devant la presse « la diversité » du nouveau conseil, avec la présence de deux femmes (dont elle-même) et de différentes nationalités.