La suppression du train de fruits et légumes entre Rungis et Perpignan annulée

TRANSPORTS Le ministère, qui a réuni les acteurs du dossier ce vendredi, espère trouver une solution pérenne

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Le train Perpignan-Rungis achemine chaque jour 1400 tonnes de fruits et légumes au cœur de la capitale. (Illustration)
Le train Perpignan-Rungis achemine chaque jour 1400 tonnes de fruits et légumes au cœur de la capitale. (Illustration) — MAISONNEUVE/SIPA

Le train de Rungis à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, bénéficie d’un sursis. Ce vendredi matin, Elisabeth Borne, ministre des Transports, a réuni autour d’une table les acteurs de la ligne ferroviaire de fret qui achemine quotidiennement des fruits et légumes de la région parisienne vers le sud de la France (138.000 tonnes en 2017).

En raison de l’importante vétusté des wagons, « dont le renouvellement supposerait un investissement de plus de 20 millions d’euros », sa suppression avait été évoquée. Mais pas question, pour Elisabeth Borne, de remplacer le train par des camions jetés sur les routes de France. « Alors que le report modal de la route vers le rail constitue une priorité du gouvernement, une telle perspective ne peut pas être acceptable. »

La création d’une autoroute ferroviaire en projet

A l’issue de la réunion, le ministère a annoncé que plusieurs solutions allaient être « mises à l’étude immédiatement, dont certaines pourraient être mises en service d’ici la fin de l’année, comme la mise en place d’une liaison en transport combiné (transport ferroviaire de containers sur le train) ». A plus long terme, poursuit le ministère, « la mise en service à horizon 2022 d’une autoroute ferroviaire (transport ferroviaire des camions sur le train) entre Barcelone, Perpignan et Rungis a également été évoquée. »

A court terme, Fret SNCF, en charge de la ligne entre Rungis et Perpignan, a annoncé que le train des fruits et des légumes continuerait de circuler au moins jusqu’à la fin de la saison haute en cours. « Au-delà, elle a proposé de prolonger la liaison jusqu’à la fin de l’année aux conditions actuelles du contrat, échéance au-delà de laquelle les wagons seront hors d’usage. Une discussion commerciale doit s’engager avec ses clients afin qu’ils confirment leur intérêt », indique les services du ministère des Transports.

Carole Delga n’est pas convaincue

L’interruption de la ligne, initialement prévue au mois de juin, est donc annulée. Un groupe de travail devrait se réunir chaque mois jusqu’à la fin de l’année.

Pour Carole Delga (PS), « le compte n’y est pas ». « Je me félicite de la tenue de cette réunion, souligne la présidente de la région Occitanie. Pour autant, je considère qu’à cette heure, le compte n’y est pas. Quand on sait que la solution envisagée ne nous laisse que 15 jours de sursis, je ne partage pas l’optimisme du ministère. Aucune solution pérenne n’a été trouvée et le ministère renvoie dos à dos la SNCF et les transporteurs alors que sa priorité devrait être au contraire de tout faire pour faciliter un accord entre eux, d’autant que la SNCF est sous son autorité. » La collectivité réunira elle aussi un comité de pilotage sur ce dossier, le 17 juin, à Perpignan. L’Etat a été convié.