Retraites complémentaires: Vers une hausse calée sur l'inflation jusqu'en 2022

PENSIONS Suffisamment de syndicats représentatifs ont signé l’accord pour qu’il puisse être validé

Rachel Garrat-Valcarcel

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Le niveau des pensions pour les retraités Agirc-Arrco vont évoler.
Le niveau des pensions pour les retraités Agirc-Arrco vont évoler. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Trois centrales syndicales (CFDT, CFTC, FO), représentant une majorité des salariés du privé, ont annoncé qu’elles signeraient avec le patronat un nouvel accord sur les retraites complémentaires de l’Agirc-Arrco garantissant une hausse au moins au niveau de l’inflation jusqu’en 2022. Après la CFTC (10,9 % de représentativité) et la CFDT (30,3 %) en début de semaine, FO (17,9 %) vient de faire pencher la balance.

Côté patronal, le Medef avait annoncé la semaine dernière, à l’issue de la dernière séance de négociation, que « les trois organisations signeront » (avec la CPME et l’U2P). Par conséquent, « les pensions des 12 millions de retraités affiliés à l’Agirc-Arrco seront revalorisées sur le montant de l’inflation » jusqu’en 2022, avec une « possibilité de majorer de 0,2 % supplémentaire si la situation du régime le permet », a résumé la CFTC, saluant « les avancées de cet accord ».

Le bonus-malus en question

Le Medef s’est pour sa part dit « satisfait » du maintien du bonus-malus entré en vigueur cette année, même s’il a concédé « une ouverture pour l’exonération » des chômeurs en fin de droits, des invalides et des handicapés. Pour les autres assurés, à moins d’avoir assez cotisé pour une retraite à taux plein, les pensions seront réduites de 5 % ou 10 % pendant trois ans. Une règle dont « la remise à plat devra se faire au plus tard en 2021 », a souligné la CFDT, regrettant « la crispation de la partie patronale » sur ce sujet.

L’enjeu dépasse le cadre de l’Agirc-Arrco, FO redoutant que cet accord serve de modèle pour la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron. « Totalement opposée » au bonus-malus, dont elle « revendique l’abandon pur et simple », la confédération rejette par avance « un dispositif même type qui pourrait voir le jour dans le cadre du projet de régime universel de retraite du gouvernement ».