Acheter des abricots directement à la ferme pourrait devenir impossible selon la Confédération paysanne

NORME La Confédération paysanne dénonce une norme votée par l’interprofession des fruits et légumes

20 Minutes avec agences

— 

La vente directe d'abricots pourrait bientôt devenir impossible, selon la Confédération paysanne.
La vente directe d'abricots pourrait bientôt devenir impossible, selon la Confédération paysanne. — AUSLOOS HENRI/SIPA

La vente directe d’abricots du producteur au consommateur sera bientôt impossible ou presque, a dénoncé ce mardi la Confédération paysanne. En cause, une norme trop coûteuse pour être appliquée par les paysans. Le syndicat agricole pointe du doigt l’interprofession des fruits et légumes.

Alors que la saison de l’abricot doit bientôt débuter, Interfel vient de voter une norme qui impose à la vente directe d’abricots « les règles de calibrage et d’emballage actuellement en vigueur pour les détaillants », affirme la Confédération paysanne. Cette mesure suppose pour les paysans « de s’équiper en matériel de calibrage coûteux et de sceller tous les abricots à confiture dans des emballages fermés », dénonce encore le syndicat dans un communiqué.

« Des investissements supplémentaires inutiles »

Pour la Confédération paysanne, « ces dispositions constituent une attaque contre la vente directe (…) Elles vont en effet entraîner une augmentation du temps de travail et des investissements supplémentaires inutiles ».

Par ailleurs, « il y a eu peu de gel » cette année, explique André Bouchut, représentant de la Confédération paysanne à Interfel. Pour lui, les prix pourraient rester « très bas » et devraient peiner à rémunérer les producteurs, comme l’an dernier. « Si rien n’est fait, on va aller vers un déséquilibre énorme en abricots. Dans la Drôme, on va arracher des abricotiers. Tout ce qu’on arrache, c’est replanté en Espagne », craint-il.

La Confédération réclame un « prix minimum d’entrée »

Avec son syndicat, il réclame la mise en place en Europe de « prix minimum d’entrée ». Un pays voisin se verrait ainsi interdit d’exporter ses produits en dessous d’un certain prix. Il s’agit là d’une manière d’atténuer les écarts de tarifs dans un secteur où la main-d’œuvre représente facilement la moitié du coût.

La Confédération paysanne a également pointé du doigt les autres syndicats agricoles, « pourtant prompts à dénoncer le poids des normes », et qui ont, selon elle, voté la mesure incriminée. Les détaillants, qui font également partie de l’interprofession, « trouvent ainsi (…) l’occasion de voir contenter leur demande d’étendre cette norme à la vente directe », conclut la Confédération paysanne.