Nice: l'Europe cherche des réponses coordonnées à la crise économique

SOMMET Les ministres des Finances de l'UE se réunissent ces vendredi et samedi...

V.Z.

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Le PIB français a reculé au deuxième trimestre pour la première fois depuis fin 2002, conséquence du ralentissement économique mondial, ce qui met à mal les prévisions de croissance du gouvernement et alimente les craintes d'une récession.
Le PIB français a reculé au deuxième trimestre pour la première fois depuis fin 2002, conséquence du ralentissement économique mondial, ce qui met à mal les prévisions de croissance du gouvernement et alimente les craintes d'une récession. — Patrick Hertzog AFP/Archives

Comprendre les raisons du ralentissement économique et tenter de trouver des réponses coordonnées à la crise. Tel est l’objectif affiché par Christine Lagarde qui réunit les ministres des Finances européens à l’occasion du sommet de Nice, ces vendredi et samedi. «Les enjeux de ce sommet sont importants. La crise actuelle est mondiale et touche particulièrement les pays industrialisés, dont l’Union européenne», explique à 20minutes.fr Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, spécialiste en finances publiques. Ainsi, ce mercredi, la Commission européenne a revu ses prévisions à la baisse: «La croissance économique devrait atteindre 1,4% dans l'Union européenne en 2008, au lieu des 2% annoncés au printemps. Les prévisions pour la zone euro ont elles aussi été revues à la baisse, de 1,7% au printemps à 1,3%», détaille la Commission.

Quelles politiques macroéconomiques et structurelles adopter?

«Tous les pays importateurs de pétrole et de produits agricoles ont été touchés par la forte hausse des matières premières», insiste Mathieu Plane. Même si le prix du pétrole commence à baisser, les effets ne se feront sentir qu’à partir d’octobre, selon ce dernier. Quant à l’inflation, elle a été aussi revue à la hausse selon la Commission: 3,8% dans l’UE. Un nouveau coup porté au pouvoir d’achat des ménages.

«Lors de ce sommet, nous nous interrogerons sur les politiques macroéconomiques et structurelles à adopter», explique le ministère des Finances à 20minutes.fr. Et de poursuivre: «Comment renforcer la stabilité du système financier pour rétablir la confiance?», «Comment maintenir de bonnes conditions de financement des entreprises, notamment les PME européennes?», «Quel est le rôle des banques européennes»... autant de questions qui seront abordées.

Les ministres européens ne devraient pas avoir la tâche facile. Réfléchir à une politique coordonnée alors que chaque pays européen présente des caractéristiques différentes face à la crise pourrait s’avérer complexe. «En Espagne par exemple, la crise immobilière est bien plus forte qu’en France», explique Mathieu Plane.

Le déficit français empêche un plan de relance européen

Un autre problème se pose: la situation des finances publiques n’est pas la même pour tout le monde. La perspective d’une politique de relance commune s’avère compromise.«L’Allemagne était à 3,4% de déficit en 2005, et est parvenu à l’annuler en 2007. L’Espagne est même devenue excédentaire de 2,2%», détaille Mathieu Plane. Dans ce contexte, seule la France apparaît comme le mauvais élève de l’UE. «Son déficit était à 2,9% en 2005, il est passé à 2,7% en 2007.» Même l’Italie fait mieux avec un déficit à 1,9%.

«Il n’est pas question de mettre en place un plan de relance conjoncturel en Europe», avait récemment rappelé Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois. En insistant sur le cas de la France, dont «les marges de disponibilité budgétaires» sont très «réduites». Cela dit, «une politique de relance chez ses voisins européens stimulerait sa croissance, car ils sont partenaires commerciaux», précise Mathieu Plane, selon qui, «en 2007, le paquet fiscal a profité à nos partenaires européens».