Le FMI prête six milliards de dollars au Pakistan

DETTE Le Pakistan, dont la balance commerciale est très déséquilibrée, est parvenu à un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de six milliards de dollars portant sur un peu plus de trois ans

N.Sa avec AFP

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Le logo du FMI (Fonds monétaire international).
Le logo du FMI (Fonds monétaire international). — ROSLAN RAHMAN AFP

« Nous allons recevoir six milliards de dollars du FMI », a déclaré Abdul Hafeez Sheikh (BIEN Sheikh), le conseiller financier du Premier ministre Imran Khan, à la télévision publique, après des mois de négociation entre le Pakistan et le  Fonds monétaire international (FMI).

Le FMI, dans un communiqué, a dit « être parvenu à un accord » avec Islamabad pour un prêt d'« environ six milliards de dollars » et portant sur « 39 mois ».
Selon ce communiqué, l’accord doit encore être approuvé par la direction du FMI et son conseil d’administration et il sera ensuite lié à « la mise en œuvre en temps voulu » des mesures décidées par les deux parties.

Moins de deux millions de contribuables paient l’impôt sur le revenu

Il vise, selon le FMI, à « soutenir l’ordre du jour ambitieux des autorités en termes de réformes macroéconomiques et structurelles », qui passe par « l’amélioration des finances publiques » et « la réduction de la dette publique (du Pakistan) grâce à des réformes fiscales et administratives ». La tâche paraît immense dans un pays de plus de 207 millions d’habitants, à l’économie largement informelle, où moins de deux millions de contribuables paient l’impôt sur le revenu.

En plus des six milliards du FMI, Islamabad « recevra deux à trois milliards de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement », a également dit Abdul Hafeez Sheikh, un ancien cadre de la Banque mondiale qui a été ministre des Finances du Pakistan de 2010 à 2013. Cette annonce met fin à des mois d’attente et à de longues négociations entre les deux parties, tandis que la situation financière du Pakistan n’a cessé d’empirer entre-temps.

Des mesures impopulaires pour parer à la crise

La croissance de ce pays devrait atteindre son niveau le plus bas en huit ans, soit 3,3 %, selon des prévisions gouvernementales annoncées vendredi. L’objectif affiché était de 6,2 % pour l’exercice en cours, qui se termine au 30 juin 2019. Le FMI a récemment rendu publiques des prévisions moins optimistes encore, avec un taux de croissance chutant à 2,9 % – le niveau le plus bas en dix ans.

Le mécontentement grandit dans la population après de précédentes mesures prises par le gouvernement pour parer à la crise. La roupie pakistanaise, qui a chuté de quelque 30 % depuis janvier 2018, a fait accélérer l’inflation. Le Pakistan, qui importe bien plus qu’il n’exporte, connaît une crise structurelle de sa balance des paiements. Il doit impérativement emprunter à l’étranger pour éviter de se retrouver en situation d’insolvabilité.