En vogue, le prêt participatif s'étend désormais au financement des études supérieures.
En vogue, le prêt participatif s'étend désormais au financement des études supérieures. — IStock / City Presse

ARGENT

Prêt étudiant: une alternative participative pour poursuivre son cursus

Pour financer leurs études sans avoir à passer par une banque ou par l’État, les étudiants peuvent désormais recourir au crowdlending, un prêt participatif souple et facile d’accès

Poursuivre un cursus dans l'enseignement supérieur est un luxe que beaucoup d’étudiants ne sont pas en capacité financière de s’offrir. En l’absence de trésorerie familiale suffisante, le prêt est alors incontournable pour se payer son rêve professionnel. Et désormais, il peut être participatif.

Une offre supplémentaire

Alors que le crowdfunding permet de collecter des fonds pour financer ses projets personnels sans proposer de réelle contrepartie financière, le crowdlending allie investissement et pratique collaborative, puisqu’il s’agit de prêter de l’argent moyennant intérêts ou non. Un placement financier qui s’est étendu aux crédits étudiants en 2016, sous l’impulsion de deux plateformes spécialisées :  StudyLink.fr et Edukys.com.

L’intérêt pour un jeune en mal de liquidités ? Obtenir les fonds nécessaires beaucoup plus vite et plus simplement qu’en passant par un organisme de financement traditionnel. Car, malgré d’excellents résultats, un bon dossier scolaire peut ne pas suffire face à un établissement bancaire. À défaut de pouvoir faire valoir leurs fiches de paie comme garantie de solvabilité, les étudiants doivent alors pouvoir présenter une caution parentale pour obtenir un crédit, ce qui n’est pas toujours possible. Facile à mettre en place et efficace, le prêt participatif leur offre une alternative.

Un projet en béton

Pour avoir le droit de déposer sa demande sur les plateformes spécialisées, il faut cependant faire valoir la crédibilité de son projet. Afin de limiter les risques – réels – de non-paiement, StudyLink et Edukys effectuent en effet une sélection rigoureuse des candidats au prêt, en vérifiant qu’ils sont bien inscrits dans l’établissement d’enseignement supérieur indiqué, que leur projet scolaire est cohérent et que la demande de financement est en adéquation avec leur profil et leur parcours. L’objectif : s’assurer que l’emprunt sera supportable par l’étudiant et que ce dernier pourra rembourser ses mécènes 2.0.

Le prêt participatif se base par conséquent sur les chances de réussite et d'employabilité des emprunteurs. Dès lors, le dossier d’un étudiant en informatique, un secteur d’activité en perpétuelle demande de main-d’œuvre, sera plus facilement accepté que celui d’un étudiant en littérature…

Un prêt à tout prix

Sous réserve de convaincre les fondateurs des sites, les aspirants au prêt peuvent collecter rapidement jusqu’à 12.000 euros sur Edukys et 30.000 euros sur StudyLink pour financer leur cursus. Le tout en profitant d’un remboursement différé partiel permettant de ne payer que les intérêts pendant leurs études et de s’acquitter du reste une fois dans la vie active.

Néanmoins, si cet investissement peut s’avérer très rentable pour les prêteurs, son coût pour l’étudiant ne doit pas être négligé. Il est d’abord à noter que c’est l’emprunteur qui assume les frais des plateformes. StudyLink prélève 4 % sur une collecte réussie, tandis que son concurrent facture 4,5 % du montant prêté au moment de la mise en place du crédit et 0,042 % du capital restant dû sur chaque remboursement.

Et le taux d’intérêt fait grimper l’addition. Edukys pratique des taux compris entre 5 et 8 %, en fonction du niveau de risque du projet. De même, bien que StudyLink laisse à l’étudiant le soin de fixer le taux de remboursement, les profils proposant 3 à 5 % d’intérêts sont clairement plus soutenus que ceux affichant 1 ou 2 %.