Uber entre en Bourse vendredi à une valorisation de 82 milliards de dollars

ENTREPRISE Le leader du VTC a finalement choisi le bas de la fourchette, échaudé par les débuts difficiles de son concurrent Lyft  

P.B. avec AFP

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Le directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, le 5 septembre 2018.
Le directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, le 5 septembre 2018. — Richard Drew/AP/SIPA

Uber joue la prudence. La licorne américaine va faire son entrée à Wall Street vendredi au prix de 45 dollars l’action, en bas de la fourchette évoquée jusqu’ici, visant une valorisation de quelque 82 milliards de dollars, selon un communiqué.

Le leader mondial de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC) s’apprête ainsi à concrétiser une énorme entrée en Bourse, la plus attendue de l’année. Mais à ce prix, sa valorisation est en deçà des chiffres qui circulaient ces derniers mois, Uber ayant caressé l’idée d’une valorisation autour de 100 milliards de dollars, voire davantage, avant de revoir ses ambitions à la baisse à la suite de la déconvenue boursière de son rival Lyft. Fin mars, ce dernier avait réussi sa première journée à Wall Street mais a depuis perdu 25 % en six semaines.

7 milliards de dollars pour son cofondateur

Travis Kalanick a peut-être été écarté de force après des scandales à répétition, mais le cofondateur d’Uber va toucher le jackpot. Il possède encore 8,6 % du capital et sera donc à la tête d’une fortune en actions de 7 milliards de dollars, ce qui devrait lui permettre d’entrer dans le top 200 des personnes les plus riches du monde. Son patron Dara Khosrowshahi, ex-directeur général d’Expedia, devrait sonner la cloche d’ouverture de la séance boursière vendredi matin à Wall Street.

Du côté des perspectives financières, Uber a réalisé un chiffre d’affaires de 11,3 milliards de dollars en 2018, soit une hausse de 43 % par rapport à l’année précédente. Pour sa croissance dans les prochaines années, Uber mise sur « les véhicules autonomes, les drones de livraison et les véhicules décollant et atterrissant verticalement », selon son document fourni aux autorités des marchés.

Au CES de Las Vegas, l’entreprise avait dévoilé un prototype de taxi volant avec Bell Helicopter. Les voitures questions autour des voitures sans chauffeurs représentent également un risque : « Si nous ne parvenions pas à commercialiser avec succès une technologie de véhicules autonomes, ou pas avant nos concurrents, cela aurait un impact défavorable sur nos performances financières. »