La Baule: «Nouvelle image», confort, et prix en hausse... La plage version Veolia se dévoile

TOURISME Le groupe Veolia, qui a remporté la gestion de la station balnéaire de Loire-Atlantique, termine les préparatifs de sa première saison estivale

De notre envoyée spéciale à La Baule, Julie Urbach

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La plage de la Baule, le 9 mai 2019
La plage de la Baule, le 9 mai 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • La concession de la plage de Loire-Atlantique a été attribuée à Veolia, en 2017.
  • Les préparatifs de la nouvelle configuration de la plage, au départ décriée par les exploitants, se terminent avant une inauguration officielle le 22 juin prochain.

« Vous voyez, il n’y a pas de tourniquet à l’entrée ! » A quelques jours de l’ouverture de la saison estivale, le maire de la Baule Yves Métaireau (LR) ne peut s’empêcher cette petite pique. Celui que certains accusaient, il y a deux ans, de vouloir « privatiser » la plus grande plage d’Europe en confiant sa concession pendant 12 ans au groupe Veolia, respire. Malgré la fronde menée par une partie des exploitants de la plage, ce projet unique en France est bel et bien allé jusqu’au bout. Le 22 juin, une grande journée d’inauguration, « avec tournoi de jokari et distribution de cadeaux », sera même organisée.

En attendant, alors que quelques Baulois font leur footing sur le sable, ceux qui se promènent sur le remblai ce jeudi constatent les premiers changements. Les petits restos de plage ou club de voile dépareillés ont disparu, la majorité ont été reconstruits (les travaux sont toujours en cours pour certains) en respectant un scrupuleux cahier des charges. Ils arborent tous un look beaucoup plus sobre, en métal et/ou en bois. « L’objectif était d’avoir une certaine harmonie, avec des matériaux qualitatifs », rappelle Jean-Charles Guy, directeur régional chez Veolia. Mais aussi d’être enfin en accord avec le décret plage de 2006, qui impose notamment des structures démontables pour des raisons de sécurité.

Avant/ après à La Baule
Avant/ après à La Baule - J. Urbach/ 20 Minutes

Casiers connectés et livraison à la serviette

Désormais, l’objectif de Veolia est que la célèbre plage de Loire-Atlantique (5,4 km de long) « gagne en attractivité ». Ce jeudi, le groupe a annoncé que d’ici un mois, la cité balnéaire allait tester de nouveaux services digitaux. D’abord, 10.000 bracelets seront distribués aux touristes afin qu’ils règlent leurs consommations, de façon dématérialisée. « La Baule va devenir la première plage cashless de France, se félicite-t-on. Une manière de donner de l’argent de poche aux enfants de façon sécurisée. » Environ 80 « casiers connectés » pour y déposer ses affaires feront également leur apparition. Enfin, un service de livraison de repas à la serviette, via l'appli Playak, sera même expérimenté…

Des innovations qui pourraient remettre en cause l’esprit de la Baule ? « La plage restera familiale et ouverte à tous », martèle Veolia. Il n’empêche que si les passants interrogés par 20 Minutes  se disent plutôt séduits par le nouveau visage du remblai, beaucoup s’inquiètent d’une hausse des tarifs des consommations. « La plupart des restaurateurs ont dû augmenter leurs prix, confirme Philippe Vallée, président de l’association des opérateurs de la plage. Mais ce ne sera pas trop méchant : 20 cts, 50 cts… C’était nécessaire après les lourds investissements. »

A l'intérieur du Beach bar, à la Baule
A l'intérieur du Beach bar, à la Baule - J. Urbach/ 20 Minutes

« Une période compliquée »

Car derrière ce renouveau se cache une rude période pour les restaurateurs. Après avoir tenté de déposer un recours, la majorité d’entre eux est finalement rentrée dans le rang, pour faire partie de la suite de l’aventure. Pour se mettre aux normes, chacun a investi entre 500.000 et 1 million d’euros en moyenne. « Ça a été beaucoup de stress et une période très compliquée, confie Patrick Couderc, le gérant du Beach Bar, qui dispose depuis mi-mars d’une vraie structure fermée en bois. Finalement, on a un établissement beaucoup plus confortable : avant, dès qu’il y avait un coup de vent, les gens se prenaient du sable et mangeaient avec leur manteau ! Désormais, on peut envisager une ouverture à l’année. »

Si la tension semble donc redescendue, les commerçants n’ont pas encore tous complètement digéré l’arrivée de Veolia. « On a été très inquiets quand on a vu arriver ce grand groupe. Ils ont accepté de dialoguer, on a joué le jeu, notre redevance a doublé… Maintenant, on aimerait juste qu’ils nous laissent travailler comme on l’entend », indique l’un d’entre eux.

Un bar de plage de la Baule, le 9 mai 2019
Un bar de plage de la Baule, le 9 mai 2019 - J. Urbach/ 20 Minutes