Consommation: Le commerce équitable augmente ses parts de marché en France

LABEL D’après ses promoteurs, le commerce équitable n’est plus seulement une «niche militante»

20 Minutes avec AFP

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Le commerce équitable a le vent en poupe.
Le commerce équitable a le vent en poupe. — JEAN-PIERRE MULLER / AFP

Les produits labellisés « commerce équitable », en soutien aux agriculteurs des pays du sud, mais aussi aux producteurs français, ont connu un bond de 22 % de leurs ventes en France l’an passé, illustrant un « envol » de la « consommation responsable », selon la plate-forme qui réunit tous les acteurs du système.

Avec un chiffre d’affaires de 1,276 milliard d’euros sur des produits labellisés garantissant un revenu décent aux agriculteurs, la France a réalisé en 2018 « une année assez exceptionnelle », a déclaré Blaise Desbordes, directeur général du principal organisme de certification de commerce équitable Max Havelaar. Alors que la consommation dans son ensemble est plutôt stagnante en France, la courbe de la consommation responsable « prend son envol ».

Une nouvelle norme

Selon lui, cette tendance s’explique aussi bien par des « tendances de fast consommation qui régressent » que par la prise de conscience du besoin de réduire le gaspillage alimentaire. Dans les filières « made in France » recensées par la plate-forme « commerce équitable France », l’envolée des ventes a été de 34 % en 2018. Dans les filières internationales (chocolat, café, banane…), les ventes de produits équitables ont progressé de 17 % en 2018 en France.

« Le commerce équitable s’impose de plus en plus comme une nouvelle norme plutôt que comme une niche militante », estime Blaise Desbordes : Les consommateurs découvrent peu à peu que protéger la planète avec l’agriculture bio et protéger socialement les producteurs sont « les deux piliers de la consommation responsable », liant les enjeux environnement-santé et protection sociale.

Les distributeurs historiques s’y mettent

Le commerce équitable garantit aux paysans des prix plus rémunérateurs que ceux des marchés mondiaux, des contrats pluriannuels qui leur donnent plus de visibilité, et une prime leur permettant des investissements collectifs pour s’adapter.

Dans la distribution, au-delà des réseaux historiquement engagés comme Biocoop, qui a ouvert 70 magasins l’an passé, Max Havelaar se félicite particulièrement du « basculement » de masse vers le label « commerce équitable » opéré sur certains produits par de grandes enseignes nationales.

La France a rattrapé son retard

Ainsi, en février, Monoprix a « basculé toutes ses bananes en commerce équitable » et « tout son chocolat va bientôt être labellisé Max Havelaar », selon Blaise Desbordes. Chez Carrefour, une banane sur trois vendues est désormais équitable, soit près de 20.000 tonnes par an, selon le bilan annuel. Le groupe L’Oréal a pour sa part basculé tous les approvisionnements de café de ses différents sièges dans le monde en équitable.

Résultat, la France, qui était plutôt à la traîne sur le sujet par rapport au monde anglo-saxon, a rattrapé son retard. « En Grande-Bretagne, la banane équitable représente 33 % du marché, le basculement s’est fait un peu plus tôt », commente Blaise Desbordes.