Industrie textile: Avec 23 euros par mois, les salariés éthiopiens sont les moins bien payés au monde

REMUNERATION En Ethiopie, les salariés du textile gagnent moins de la moitié du salaire des travailleurs du Bangladesh

20 Minutes avec agences

— 

Une usine de textile au Bangladesh.
Une usine de textile au Bangladesh. — A.M. Ahad/AP/SIPA

Ils gagnent seulement 26 dollars (23 euros) par mois. Les salariés des usines de vêtements d’Ethiopie, qui travaillent pour des marques comme Guess, H & M ou Calvin Klein, sont les moins bien payés au monde, indique une étude du Centre Stern pour les affaires et les droits de l’homme de l’université de New York.

Selon ce rapport intitulé « Fabriqué en Ethiopie : les défis de la nouvelle frontière de l’industrie du vêtement », les salariés du Bangladesh gagnent 95 dollars par mois (85 euros), ceux du Kenya 207 (185 euros) et ceux de Chine 326 dollars (291 euros).

« Des employés malheureux de leur rémunération »

L’Ethiopie, qui ambitionne de devenir le principal centre manufacturier du continent, a séduit les investisseurs en mettant en avant la disposition des salariés à travailler pour moins de la moitié du salaire des travailleurs du Bangladesh, affirme ainsi l’étude.

« Plutôt que la force de travail docile et bon marché promue en Ethiopie, les fournisseurs basés à l’étranger ont rencontré des employés qui sont malheureux de leur rémunération et de leurs conditions de vie », explique le directeur adjoint du centre, Paul Barrett. « Dans leur empressement à créer une marque "Made in Ethiopia", le gouvernement, les marques mondiales et les fabricants étrangers n’ont pas prévu que le salaire de base était tout simplement trop faible pour que les travailleurs puissent en vivre ».

Des exportations estimées à 145 millions de dollars

L’étude s’est penchée sur le Parc industriel d’Hawassa, l’un des cinq centres industriels inaugurés par le gouvernement depuis 2014. Le lieu emploie 25.000 personnes et fabrique des vêtements pour des marques du monde entier. A terme, environ 60.000 personnes devraient y travailler. Mais les salariés, parmi lesquels de nombreuses femmes, ont du mal à s’en sortir. Ils sont très peu formés et des conflits culturels les opposent aux dirigeants des usines, originaires de Chine, d’Inde ou du Sri-Lanka.

Le gouvernement éthiopien espère que les exportations de vêtements, qui représentent actuellement 145 millions de dollars par an (130 millions d’euros), vont grimper à environ 30 milliards (27 milliards d’euros). Un objectif qui « paraît irréaliste », selon le rapport, à cause, notamment, des bas salaires qui ont entraîné une productivité médiocre, des grèves à répétition et un fort turn-over.