Les ventes de logements anciens en chute de 25% dans les grandes villes

IMMOBILIER Selon les professionnels, la crise est plus grave que prévu...

Avec agence

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Les diagnostics immobiliers, ces expertises exigées lors de la vente ou de la location d'un bien, sont dénoncés par des associations de consommateurs qui relèvent les prix abusifs et le manque de compétence de certains professionnels.
Les diagnostics immobiliers, ces expertises exigées lors de la vente ou de la location d'un bien, sont dénoncés par des associations de consommateurs qui relèvent les prix abusifs et le manque de compétence de certains professionnels. — Mychele Daniau AFP

Les ventes de logements anciens dans les grandes villes de province ont baissé de 25% durant le premier semestre, selon les notaires, preuve aux yeux des professionnels du secteur que la crise immobilière en France, après avoir touché le neuf, est plus grave que prévu.

«Cette baisse très substantielle des volumes dans l'ancien sur toutes les grandes métropoles de province est de l'ordre en moyenne de 25%» par rapport aux six premiers mois de 2007, écrit Pierre Bazaille, auteur de cette note du Conseil supérieur du notariat publiée ce mercredi. Cette chute ramènerait les volumes de vente au niveau des années 1993-1994.

Mois d'été catastrophiques

L'ampleur de la baisse varie d'une ville à l'autre: 30% à Marseille mais 15% à Lyon et Toulouse. «Cette différence s'explique par le dynamisme démographique de ces deux métropoles qui entraîne une demande plus importante de logements», a expliqué Pierre Bazaille.

«Après l'annonce de baisse des ventes de logements neufs en France de 30% pour les six premiers mois de 2008, on est passé dans la deuxième phase de la dégradation de l'activité, surtout que les mois d'été ont été catastrophiques pour l'activité», analyse Michel Mouillart, professeur d'économie à Paris X Nanterre.

Une crise «plus importante que dans les années 90»

Pour le spécialiste, «la crise est immobilière, plus seulement de financement du crédit, et devrait être beaucoup plus importante que dans les années 1990 car la chute de l'activité devrait être sur l'ensemble de l'année de 20% alors qu'au début de l'année on ne prévoyait qu'une chute de 10% à 15%». La contagion de la crise touche également désormais les prix.

Ainsi la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim) a publié ce  mercredi son indice mensuel du mois d'août qui fait apparaître un nouveau recul pour les logements anciens de 1,5%, qui touche aussi bien les appartements (-1,9%) que les maisons (-1,1%) et qui ramène l'indice au niveau de la fin 2006-début 2007.

«Les vendeurs diffèrent la vente de leur bien»

«C'est un ralentissement très net», reconnaît le président de la Fnaim, René Pallincourt, qui réfute pourtant toute idée de crise «comparable aux années 90». Car, selon lui, il n'y pas eu comme à cette époque constitution d'un «marché spéculatif» avec la construction de nombreux logements neufs qui seraient vides, à part dans quelques villes de province.

Mais, pour Pierrre Bazille, «les vendeurs préfèrent différer la vente de leurs biens car ils ont de la difficulté à trouver des financements pour acheter des logements plus grands ou plus chers, ce qui contribue à l'atonie du marché». Cette crise pourrait aussi avoir des conséquences inattendues pour les communes et les conseils généraux qui ne les ont pas prévues dans leurs budgets.