Pour vous protéger lors d'un rapport sexuel, pensez aux préservatifs remboursés

ARGENT Meilleur rempart possible contre les infections sexuellement transmissibles (IST), les préservatifs sont pourtant loin d’être un réflexe chez les jeunes. Pour les inciter à des rapports protégés, la Sécurité sociale en rembourse désormais certains.

Julie Polizzi pour 20 Minutes

— 

Deux marques de préservatifs sont remboursées sur ordonnance.
Deux marques de préservatifs sont remboursées sur ordonnance. — IStock / City Presse

Malgré les multiples campagnes de prévention et les cours d'éducation à la sexualité mis en place dans le système scolaire, rien n’y fait : les jeunes continuent d’avoir des rapports sexuels sans protection. D’après un sondage effectué en 2015 par la mutuelle étudiante Smerep, près d’un tiers des lycéens ne se protègent pas systématiquement lors d’un rapport sexuel. Résultat : les infections sexuellement transmissibles explosent.

Une ordonnance nécessaire

S’il est clair qu’il faut avant tout faire comprendre aux plus jeunes qu’il peut être très risqué d’avoir des rapports sexuels sans utiliser de préservatif (masculin ou féminin), le coût de ces condoms peut aussi rebuter. Avec un prix moyen tournant autour d’une dizaine d’euros la boîte, le budget peut en effet vite grimper pour quelqu’un de sexuellement actif.

C’est pourquoi l’État a décidé de faire un geste en faveur de la prévention en permettant de se faire rembourser l’achat de ces protections par la Sécurité sociale. Mais attention, pour que ces dernières soient prises en charge à hauteur de 60 %, il faut qu’elles soient prescrites par votre médecin ou une sage-femme. De quoi en freiner plus d’un… Rappelons donc que les consultations sont gratuites et anonymes dans les centres du planning familial, lequel permet d’obtenir par ailleurs des informations sur la sexualité, la contraception et l’IVG en contactant le numéro vert dédié (0 800 08 11 11), du lundi au samedi, de 9 heures à 20 heures, via un appel gratuit et anonyme.

Deux marques en ligne de mire

Une fois cette prescription médicale en main, vous pourrez alors vous rendre en pharmacie pour acheter des préservatifs. Mais pas n’importe lesquels. À ce jour, seules deux marques donnent droit à la prise en charge par l’Assurance maladie. Les condoms Eden, fabriqués par Majorelle, sont remboursés depuis décembre 2018, tandis que ceux de Sortez couverts !, commercialisés par le laboratoire Polidis, le sont depuis février 2019.

Concernant les prix de ces moyens de contraception, on remarquera tout de même qu’ils sont déjà modiques, même sans aucun remboursement. À 2 euros la boîte de douze préservatifs chez Eden, contre 2,60 euros pour Sortez couverts !, ces tarifs sont ainsi bien inférieurs à ceux pratiqués par les leaders du marché. Après la prise en charge par l’Assurance maladie, il vous restera donc respectivement 80 centimes et 1,04 euros à débourser. De quoi permettre aux jeunes de pouvoir se protéger à bas coût tout en limitant la facture pour la Sécurité sociale…

 

 

Les chiffres alarmants des IST

L’utilisation insuffisante de préservatifs a provoqué une recrudescence des infections sexuellement transmissibles :
- Les infections à Chlamydia et à gonocoque ont triplé entre 2012 et 2016, d’après une enquête de 2018 de Santé Publique France. Ces maladies ont des conséquences graves allant jusqu’à la stérilité féminine. Les adolescentes de 15-24 ans en sont les premières victimes.
- 6.000 personnes découvrent chaque année qu’elles ont le Sida, dont 27 % à un stade avancé. Alors que le nombre de jeunes infectés par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) était en recul au début des années 2000, les chiffres sont repartis à la hausse entre 2007 et 2013.