Emploi des jeunes: des mesures prises en faveur de l’apprentissage

ARGENT La France comptait environ 400.000 jeunes en apprentissage en 2017. Pour grossir encore leurs rangs, l’État a récemment pris de nouvelles mesures incitatives

Julie Polizzi pour 20 Minutes

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La nouvelle législation sur l'apprentissage facilite l'accès à cette voie de professionnalisation.
La nouvelle législation sur l'apprentissage facilite l'accès à cette voie de professionnalisation. — IStock / City Presse

Alors qu’un master universitaire ne garantit plus de décrocher un emploi approprié, les apprentis affichent des taux records d’insertion dans le monde professionnel. Une bonne raison de bichonner ces jeunes et de donner envie à beaucoup d’autres de suivre leur exemple. La Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018 a donné un coup de boost supplémentaire à cette filière de professionnalisation.

En priorité, l’orientation

D’après le gouvernement, 70 % des apprentis décrochent un travail dans les sept mois qui suivent l’obtention de leur diplôme. Un argument de poids que les pouvoirs publics entendent bien mettre en avant. À cette fin, les taux d’insertion dans l’emploi et de réussite aux diplômes des centres de formation et des lycées professionnels seront rendus publics.

Pour encourager les jeunes à emprunter ce chemin, l’État souhaite également renforcer les actions d’orientation. Outre les traditionnelles « journées portes ouvertes », le gouvernement souhaite que soient organisées des rencontres avec des professionnels venant partager leur passion et leur savoir-faire dans tous les collèges et lycées.

Plus encore, des classes de troisième « prépa-métiers » seront créées à la rentrée 2019 « pour préparer l’orientation des collégiens vers la voie professionnelle et l’apprentissage ». En pratique, elles viendront remplacer les actuelles classes « prépa-pro » ainsi que les dispositifs d’initiation aux métiers en alternance (Dima).

Une facilité d’accès

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement entend faciliter l’accès à ceux qui veulent tenter l’aventure. Désormais, les jeunes peuvent donc entrer tout au long de l’année en apprentissage et plus seulement durant les quatre premiers mois de l’année scolaire. Et s’ils ont des acquis, ils peuvent les faire valoir pour raccourcir la durée de leur formation.

Quant aux élèves en difficulté, ils vont pouvoir s’inscrire dans de nouvelles « prépas apprentissage ». À la suite d’un appel à projets lancé par l’État en 2018, quelque 150 centres de formation d’apprentis (CFA) doivent mettre en place ces programmes depuis le 1er mars, avec l’objectif d’insérer 28.000 jeunes peu qualifiés dans le monde professionnel. Ceux issus des quartiers prioritaires sont surtout concernés.

En 2020, le système complexe des subventions des centres de formation sera par ailleurs remplacé par une logique de marché dépendant du nombre de contrats signés. Les campus de métiers devraient aussi être développés et les passerelles entre apprentissage et statut scolaire facilitées. Tandis qu’environ 7.000 apprentis partent chaque année à l’étranger avec le programme Erasmus +, le gouvernement prévoit en plus de doper le dispositif pour atteindre 15.000 départs d’ici à 2022.

Apporter un soutien financier

Point important pour encourager les jeunes à aller vers l’apprentissage, leur pouvoir d’achat : La rémunération des apprentis de moins de 20 ans en CAP ou en bac pro a ainsi été revalorisée de 30 euros par mois au 1er janvier 2019. La première année d’apprentissage, il faut compter par conséquent 410,73 euros bruts mensuels pour un jeune de 16 à 17 ans et 654,12 euros pour un jeune de 18 à 20 ans, contre 806,28 euros s’il est âgé de 21 à 25 ans. La deuxième année, les montants oscillent entre 600 et 900 euros, tandis qu’ils atteignent entre 800 et près de 1.200 euros la troisième année. Alors que l’âge limite pour signer ce type de contrat était jusqu’à présent fixé à 26 ans, il passe à 30 ans et, dans ce cas, le salaire est au moins égal au smic (1.522 euros bruts). Autre bonus : depuis le 1er janvier, les apprentis majeurs en formation peuvent prétendre à une aide forfaitaire de 500 euros pour financer leur permis B. La demande doit être adressée au CFA dans lequel l’apprenti est inscrit.