Conférence de presse d'Emmanuel Macron: Quelles sont les mesures pour le pouvoir d’achat?

HEUREUX GAGNANT Certains, comme les retraités, ont eu droit à un geste de la part du chef de l’Etat

Nicolas Raffin

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Emmanuel Macron le 25 avril 2019, lors de sa conférence de presse.
Emmanuel Macron le 25 avril 2019, lors de sa conférence de presse. — Jacques Witt/SIPA
  • Emmanuel Macron a fait plusieurs annonces sur le pouvoir d’achat jeudi soir lors de sa conférence de presse à l’Elysée.
  • Il a notamment promis de baisser l’impôt sur le revenu et de réindexer les pensions de retraites sur l’inflation.
  • Ces nouvelles mesures devraient par ailleurs s'accompagner d'une réduction de la dépense publique, si bien que l’équation s’annonce compliquée.

L’année dernière, Emmanuel Macron n’était pas un fan absolu du pouvoir d’achat. « Je suis bien sûr sensible à la problématique du pouvoir d’achat. Mais moi, je ne me suis pas engagé là-dessus » affirmait-il en septembre 2018, selon le JDD, oubliant au passage ses promesses de 2017. Mais ça, c’était avant. Les « gilets jaunes » sont passés par là et l’ont contraint à dégainer 10 milliards d’euros de «   mesures d’urgences » en décembre dernier. Jeudi soir, lors de sa conférence de presse face aux journalistes, le chef de l’État a une nouvelle fois annoncé plusieurs mesures pour le portefeuille des Français. Mais qui est réellement concerné ?

Si vous êtes salarié

Emmanuel Macron a promis que l’impôt sur le revenu – actuellement payé par 43 % des foyers fiscaux – allait baisser. C’était d’ailleurs la recommandation principale formulée par les députés de la majorité. Tout en affirmant que ce serait au gouvernement de définir précisément le montant de cette réduction fiscale, le chef de l’État a estimé qu’une baisse de « 5 milliards d’euros » serait « un geste significatif ».

Reste à savoir qui bénéficiera de ce geste. Interviewé par France Info le 9 avril, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, affirmait que la baisse devait d’abord concerner « ceux qui ont les niveaux de revenus les plus modestes ». L’exécutif devra donc définir ce fameux seuil, sachant que plus les contribuables seront nombreux à bénéficier du coup de pouce, plus cette baisse d’impôt sera diluée.

Si vous êtes retraité

Il y a deux semaines, les retraités défilaient dans la rue pour dénoncer le « vol » de leurs pensions. Le gouvernement avait décidé de ne pas les indexer sur l’inflation en 2019, ce qui se traduisait automatiquement par une perte de pouvoir d’achat. Jeudi soir, Emmanuel Macron est revenu sur cette politique : les pensions en dessous de 2.000 euros seront réindexées en 2020. Selon une estimation de l’OFCE publiée le mois dernier, cela entraînerait un gain annuel de 50 à 250 euros pour les ménages concernés. Les pensions supérieures à 2.000 euros seront quant à elles réindexées en 2021.

En plus de cette mesure, le chef de l’État a promis une pension minimum de 1.000 euros « quand on a travaillé [et donc cotisé] » durant sa vie. Un montant légèrement supérieur au minimum vieillesse, qui atteindra 903 euros par mois en 2020.

Si vous êtes un parent seul

Dans son discours prononcé jeudi soir, Emmanuel Macron a répété à plusieurs reprises qu’il fallait mieux prendre en compte les familles monoparentales, et plus particulièrement les mères célibataires. Il a donc annoncé que les caisses d’allocations familiales allaient voir leur pouvoir renforcé « pour prélever les pensions alimentaires familiales ». « On ne peut pas faire reposer sur des mères l’incivisme de leurs anciens conjoints » a indiqué le président de la République. Selon les estimations, entre 18% et 35 % des pensions alimentaires ne seraient pas payées en France.

Et maintenant, l’addition

Évidemment, toutes les mesures listées ci-dessus vont avoir un coût pour les finances publiques : les baisses d’impôts, les pensions de retraites… et même les pensions alimentaires. « Même si ces dernières ne sont pas une dépense de l’État, il faudra donner des moyens supplémentaires aux CAF pour qu’elles puissent être efficaces dans leur recouvrement » rappelle Pierre Madec, économiste à l’OFCE.

Au total, la facture devrait donc se chiffrer en milliards d’euros. Auxquels s’ajoutent les 10 milliards d’euros annoncés en décembre. « La manière dont tout cela sera financé manque de détails, poursuit Pierre Madec, ce n’est pas clair ». D’autant plus que le gouvernement a promis qu’il ne voulait pas laisser filer la dette. Dans ce schéma, ce sont donc les dépenses publiques qui devraient être réduites… sans forcément supprimer des milliers de postes de fonctionnaires, puisqu’Emmanuel Macron a dit qu’il en voulait plus « sur le terrain ». L’équation s’annonce compliquée à résoudre.