A combien s’élèvent les salaires dans le secteur privé?

EMPLOI Les écarts se creusent entre les hauts et les bas salaires, selon les chiffres communiqués par l’Insee ce mardi

Nicolas Raffin

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Le salaire moyen s'élève à 2.238 euros nets par mois.
Le salaire moyen s'élève à 2.238 euros nets par mois. — ALLILIMOURAD/SIPA
  • En 2016, le salaire médian s’élevait à 1.789 euros net mensuels.
  • Les 10 % des salariés les mieux payés gagnent plus de 3.576 euros par mois.
  • Les femmes sont payées 18,9 % de moins que les hommes, mais l’écart diminue.

Êtes-vous mieux ou moins bien payé(e) que les autres salariés du secteur privé ? Pour vous permettre de vous réjouir (ou de vous plaindre), l’Insee a publié ce mardi une étude sur le sujet. En 2016, dernière année étudiée, le salaire mensuel moyen d’un travailleur du secteur privé s’élevait à 2.238 euros net. Un chiffre qui laisse un peu sur sa faim car la moyenne, par définition, ne reflète pas les écarts entre les rémunérations.

Le « top 1 % » gagne plus de 8.600 euros mensuels

Pour mieux se rendre compte des inégalités de rémunérations, il faut regarder le salaire médian. Selon l’Insee, il s’établit à 1.789 euros net. Autrement dit, en France, 50 % des salariés du secteur privé gagnent moins que cette somme. L’Insee divise ensuite la population active par tranches (voir graphique ci-dessous).

Ainsi, les 10 % des travailleurs les moins bien payés (ou 1er décile, en langage statistique), gagnent moins de 1.189 euros par mois. A l’autre bout du spectre, si vous touchez plus de 3.576 euros net mensuels, vous faites partie des 10 % des salariés les mieux payés (9e décile). Enfin, 1 % des salariés perçoivent plus de 8.629 euros par mois.

 

Cet écart entre les hauts et les bas salaires ne cesse de grandir. Comme le rappelle l’Insee, les 10 % les mieux rémunérés ont vu leur salaire croître de 5 % entre 2008 et 2016. C’est un rythme deux fois plus rapide que celui des salariés les moins bien payés (+2,3 % d’augmentation seulement sur la même période).

En revanche, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes, lui, continue de se réduire. Selon l’étude, « en 2016, les salaires en EQTP [équivalent temps plein] des femmes sont en moyenne inférieurs de 18,9 % à ceux des hommes », soit 3,4 points de moins qu’en 2002. Les disparités restent néanmoins très élevées pour les hauts salaires : les 10 % des femmes les mieux payées gagnent 21 % de moins que leurs homologues masculins (3.091 euros mensuels contre 3.926 euros mensuels). Ces écarts sont liés en partie aux différences structurelles d'emplois entre les hommes et les femmes (emplois plus précaires, dans des secteurs moins rémunérateurs), et à l'accès plus compliqué aux postes à responsabilités. 

 

L’avantage de la fidélité

Enfin, l’Insee rappelle que rester dans la même entreprise plusieurs années de suite peut donner un avantage salarial. En effet, les salariés « en place », c’est-à-dire n’ayant pas changé d’entreprise entre 2015 et 2016, ont vu leur rémunération nette progresser de 2 % pendant cette période. C’est quatre fois plus que l’augmentation moyenne dans le secteur privé (+0,5 %). « Cette hausse intègre les gains liés à l’ancienneté et aux progressions de carrière » explique l’Insee.