The headquarters of mortgage lender Fannie Mae is shown in Washington in this file photo from October 3, 2006. 

Fannie Mae, the largest U.S. home funding source, posted a much larger-than-expected second-quarter loss on August 8, 2008 and slashed its dividend more than 85 percent to preserve capital as home loan defaults accelerated in the bleakest U.S. housing market since the Great Depression.  REUTERS/Jason Reed/Files   (UNITED STATES)
 The headquarters of mortgage lender Fannie Mae is shown in Washington in this file photo from October 3, 2006. Fannie Mae, the largest U.S. home funding source, posted a much larger-than-expected second-quarter loss on August 8, 2008 and slashed its dividend more than 85 percent to preserve capital as home loan defaults accelerated in the bleakest U.S. housing market since the Great Depression.  REUTERS/Jason Reed/Files   (UNITED STATES) — REUTERS/Jason Reed

FINANCES

Fannie Mae et Freddie Mac sous tutelle du Trésor américain

Washington se dit prêt à investir 200 milliards de dollars dans ces organismes de refinancement hypothécaires. Décryptage.

Le Trésor américain a annoncé dimanche une mise sous tutelle gouvernementale des organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, le temps qu'ils restructurent leurs finances mises à mal par la crise du crédit et de l'immobilier. Il a également annoncé qu'il était prêt à investir 200 milliards de dollars (100 milliards chacun) dans ces organismes piliers du refinancement hypothécaire.

Ce plan «est le meilleur moyen de protéger nos marchés et les contribuables du risque systémique posé par la situation financière actuelle», a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson.

Que signifie cette mise sous tutelle ?
Cette reprise en main par les pouvoirs publics représente une nouvelle intervention majeure de Washington dans l'édifice financier américain pour tenter de résorber une crise qui dure depuis un peu plus d'un an. L'Administration Bush était déjà derrière le sauvetage de la banque d'affaires Bear Stearns, au printemps.

Fannie Mae et Freddie Mac, qu’est-ce que c’est?
Fannie Mae et Freddie Mac assurent depuis quarante ans la fluidité du marché du crédit immobilier américain en rachetant des prêts aux banques. De leurs vrais noms Federal National Mortgage Association (Fannie Mae) et Federal Home Loan Mortgage Corporation (Freddie Mac), les deux établissements détiennent ou garantissent 5.200 milliards de dollars de créances hypothécaires, soit plus de 40% de l'encours de crédit immobilier du pays.
Ce sont des sociétés privées, qui ne sont pas liées formellement à l'Etat américain, mais qui disposent d'une ligne de crédit garantie par ce dernier. Cette facilité leur permet d'emprunter de l'argent sur le marché à des taux bien plus faibles qu'une banque. Tous deux usent de cette capacité pour remplir leur mission, à savoir racheter des prêts immobiliers aux établissements de crédit qui les ont souscrits.

Pourquoi Washington a-t-il décidé d’intervenir?
Accumulant les pertes et pris à la gorge financièrement (ils doivent refinancer 223 milliards de dollars de dettes d'ici fin septembre, selon des analystes), leur situation alarme les marchés et le pouvoir politique à Washington depuis des semaines. Leur effondrement aurait des répercussions directes sur les établissements de crédit et, par ricochet, sur les particuliers qui empruntent.

Cette mise sous tutelle est-elle une surprise?
Non. Si une telle mesure d'urgence est inhabituelle dans un pays réticent à l'intervention publique, elle était inéluctable face à un risque d'écroulement qui sèmerait la panique chez les banques. Ces derniers jours, les indices s’étaient multipliés quant à une intervention imminente de Washington, alors que le principe d'une aide à Freddie Mac et Fannie Mae avait déjà été annoncé en juillet, mais sans que les modalités soient encore arrêtées. Un dispositif législatif accordant des pouvoirs d'intervention au Trésor avait été voté. Les candidats à l'élection présidentielle américaine, le démocrate Barack Obama, son rival républicain John McCain, ainsi que sa colistière Sarah Palin, ont tous approuvé le principe d'une mise sous tutelle.

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