Nice: L’aéroport, dont les redevances sont « trop chères au moins depuis 2016 », se fait épingler

BAISSE DES TARIFS L’autorité indépendante a décidé de les baisser de 33,4 %, la société Aéroports de la Côte d’Azur lance un recours devant le conseil d’Etat

Fabien Binacchi

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L'aéroport de Nice vise les 14 millions de passagers en 2018
L'aéroport de Nice vise les 14 millions de passagers en 2018 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • L’Autorité de supervision indépendante des redevances aéroportuaires n’a pas homologué les tarifs demandés par l’aéroport de Nice aux compagnies aériennes.
  • Le gendarme des aéroports contraint la plateforme de baisser ces redevances de 33,4 % à partir du 15 mai.
  • L’aéroport de Nice a déposé un recours devant le conseil d’Etat.

Les billets d’avion au départ ou à destination de Nice seront-ils moins chers dès le 15 mai ? « Rien n’est sûr. Chaque compagnie pourra faire ses propres calculs », répond Marianne Leblanc-Laugier, la présidente de l’ASI.

L’Autorité de supervision indépendante des redevances aéroportuaires – facturées pour l’utilisation des pistes et des aérogares notamment – vient en tout cas de contraindre la société Aéroports de la Côte d’Azur (ACA), qui gère également celui de Cannes-Mandelieu, à baisser les siennes de 33,4 % en moyenne à compter de cette date. ACA a déposé un recours.

Une « première »

L’entreprise a décidé de contester cette décision inédite devant le Conseil d’Etat. Car, oui, c’est la première fois que l’organisme de contrôle, placé sous l’égide du ministère de la Transition écologique et solidaire, retoque ainsi les tarifs pratiqués par une plateforme.

Il pointe une « rémunération de ces redevances supérieure aux services rendus, depuis au moins 2016 ». En clair, l’entreprise aéroportuaire fait payer aux compagnies ses prestations bien trop cher, selon l’ASI, qui a rendu ses conclusions dans un document de 42 pages. Un surplus qui a pu se répercuter sur le prix des billets.

« Par notre décision, nous avons tenté de rétablir un certain équilibre », précise Marianne Leblanc-Laugier, interrogée par 20 Minutes. Selon la responsable, les aéroports de Toulouse ou Lyon notamment, également privatisés comme celui de Nice, n’ont pas du tout présenté le même cas de figure et « leurs redevances ont été homologuées sans problème ».

« Une approche artificielle et erronée »

Alors trop gourmande la société Aéroport de la Côte d’Azur ? Elle s’en défend et dénonce une décision qui « démontre une approche artificielle et erronée de l’assiette des redevances et de la période de référence à prendre en compte ».

Le conseil d’Etat pourra trancher dans les prochains mois mais d’ici là les nouveaux tarifs devront bien entrer en vigueur. Le recours déposé n’étant pas suspensif.