VIDEO. Vaucluse: Mobilisation générale autour de la fraise de Carpentras qui vit des moments difficiles

FRAISE Les producteurs de la fraise de Carpentras s'alarment face à la concurrence d’autres pays

Adrien Max

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Les fraises de Carpentras sont confrontées à la concurrence directe des fraises espagnoles.
Les fraises de Carpentras sont confrontées à la concurrence directe des fraises espagnoles. — FRILET/SIPA
  • La fraise de Carpentras, arrivée en avance à cause des aléas météorologiques, est directement concurrencée par la fraise espagnole.
  • Le préfet du Vaucluse a réuni les acteurs pour que la grande distribution mette en valeur les fraises produites en France.
  • Les services de l’Etat appellent les professionnels à d’avantage se structurer pour faire face à cette concurrence.

Ils veulent sauver la fraise de Carpentras. Représentants de la filière, élus, services de l’Etat, ils se sont tous mobilisés ces derniers jours pour trouver une solution face à la concurrence toujours plus frontale des pays voisins pour cette fraise produite dans le  Vaucluse. 

« Aléas climatiques toujours plus forts, distorsion de concurrence toujours plus violente, pratiques déloyales de certaines enseignes de la grande distribution : les producteurs de notre fraise vauclusienne de Carpentras vivent actuellement des moments très difficiles. Une nouvelle vague de chaleur vient charrier, bien plus tôt que prévu, notre fraise carpentrassienne qui se retrouve en concurrence directe avec les fraises espagnoles », écrit le député du Vaucluse, Adrien Morenas, au ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume.

Le prix de revente au prix de la cueillette en France

Une situation que résume Dominique Begnis, président de la confrérie de la fraise de Carpentras. « Le prix de la cueillette en France correspond déjà au prix de revente des fraises espagnoles. Ici, le kilo de fraise cueilli nous coûte 80 centimes, quand le kilo de fraises espagnoles est revendu à ce prix-là aux grandes surfaces. »

En plus des aléas climatiques qui ont mis face à face les fraises espagnoles et celles de Carpentras, la stratégie de la filière espagnole explique aussi ces difficultés. « Ils s’étaient tournés vers le bio mais quand ils se sont aperçus que ce n’était pas si rentable que ça pour eux, ils sont revenus vers une agriculture conventionnelle. D’où cette concurrence », considère Dominique Begnis.

Mesures à court terme

Le préfet du Vaucluse, qui a donc réuni la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF), la direction départementale des territoires (DDT) et la fédération du commerce et de la distribution (FCD), a annoncé la mise en place de mesures à court terme. « La grande distribution s’est engagée à mettre en œuvre très rapidement des mesures de communication visant à promouvoir la fraise française avec des actions d’animation en magasin et de mise en avant dans leur catalogue commercial. »

« Depuis ces interventions, les ventes ont repris, mais est-ce directement lié ? On est à une semaine de Pâques et on connaît l’attrait des consommateurs pour la fraise à cette période. Il faudra donc voir après ce week-end les véritables effets », estime Dominique Begnis.

Une filière qui doit se structurer

Surtout, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume et le préfet du Vaucluse invitent les professionnels du secteur à trouver des solutions sur le long terme. « Les producteurs du Vaucluse ne sont pas constitués en organisation de producteurs, et ne valorisent pas assez leur production de qualité à travers des labels reconnus, pour mieux la différencier », identifie le ministre.

« Les services de l’État accompagneront les professionnels de la filière dans sa structuration et dans la reconnaissance de signes distinctifs de qualité de ces produits. L’objectif est de développer des solutions de plus long terme pour éviter de nouvelles crises conjoncturelles », fait savoir le préfet. Un enjeu dont le président de la confrérie des fraises de Carpentras a conscience : « La création d’une identité géographique protégée est indispensable », confirme Dominique Begnis.