«Dubaï papers»: Enquête sur un système d'évasion fiscale impliquant le groupe Helin

FRAUDE Le parquet national financier a ouvert une enquête sur un vaste système d'évasion fiscale

20 Minutes avec AFP

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Dubaï, aux Emirats arabes unis (illustration).
Dubaï, aux Emirats arabes unis (illustration). — Caro / Sorge /SIPA

Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête à la suite de révélations sur un vaste système d’évasion fiscale impliquant le groupe Helin, a appris vendredi l’AFP de source proche du dossier confirmant une information de L’Obs.

Cette enquête ouverte récemment pour « blanchiment de fraude fiscale » fait suite aux révélations de L’Obs en septembre sur l’existence d’un vaste réseau de blanchiment de fraude fiscale à l’échelle internationale qui s’est noué à partir du début des années 2000 autour du groupe Helin basé aux Emirats arabes unis. L’Obs avait fondé ses révélations sur les « Dubaï papers », une fuite de 200.000 fichiers, mémos, mails, lettres et télécopies.

L’Obs et la cellule investigation de Radio-France, qui ont aussi recueilli des témoignages d’anciens clients, affirment que de « riches héritiers, patrons de PME florissantes et notables respectables » ont placé leurs avoirs dans ce groupe dans le but d'« échapper à l’impôt ». L’hebdomadaire affirme qu’en France le fondateur de Helin, le prince belge Henri de Croÿ, a « personnellement démarché des dizaines de personnes, lors de rendez-vous donnés à Paris dans des hôtels ou dans des cabinets d’avocats ».

De riches et influents clients

Selon L’Obs, des clients, « qui avaient confié leurs avoirs à Henri de Croÿ, afin de les soustraire au fisc, souhaitent désormais les récupérer et régulariser leur situation ». Or toujours selon l’hebdomadaire, « le groupe Helin, paralysé par une procédure judiciaire dans les Emirats (…) se dit incapable de leur rendre leur argent ». Selon Radio-France, tous les avoirs ont été bloqués après un litige entre le prince Henri de Croÿ et un financier russo-suisse.

Comme l’indique l’Obs, plusieurs clients ont déposé plainte pour « abus de confiance » et « abus de faiblesse » auprès du parquet national financier, selon la source proche du dossier. Selon L’Obs, le groupe Helin a compté parmi ses bénéficiaires l’émir qatari Abdullah Ben Khalifa al-Thani, David Mills, avocat spécialiste des paradis fiscaux de Silvio Berlusconi, Flavio Briatore, ancien patron des écuries de Formule 1 Benetton et Renault, le président congolais Denis Sassou-Nguesso et le groupe français Areva devenu Orano. Radio-France affirme que « le système Helin était encore actif en 2018 ».

« Optimisation fiscale », selon Henri de Croÿ

Dans une interview donnée au quotidien suisse le Matin dimanche en octobre, Henri de Croÿ s’était défendu d’avoir « mis en place un système de blanchiment d’argent et de fraude fiscale », indiquant que le groupe Helin « fait de la gestion de fortune » et « pratique l’optimisation fiscale ». « Ce n’est peut-être pas très moral aux yeux de certains, mais ce n’est pas illégal », avait-il ajouté.

Mis en cause dans une procédure pour fraude fiscale en Belgique, il avait été relaxé en 2015 après un long bras de fer judiciaire. D’après L’Obs, à partir de 2008, Henri de Croÿ a abandonné son titre de directeur d’Helin, repris par l’ex-banquière britannique Geraldine Whittaker, qui en est devenue en 2012 la propriétaire officielle via un trust.