Disquaire Day: «De l’émotion», «Du relief», «Un son plus chaud»… Nos lecteurs racontent leur amour des vinyles

VOUS TEMOIGNEZ Alors qu’a lieu samedi le Disquaire Day, « 20 Minutes » a sollicité ses lecteurs afin d’en savoir plus sur les raisons pour lesquelles ils adorent les vinyles

Romarik Le Dourneuf

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Illustration Disquaire
Illustration Disquaire — SIPA
  • La 9e édition du Disquaire Day a lieu ce samedi chez 220 disquaires indépendants, à travers tout le pays.
  • Le marché du vinyle est en plein boom : il a été multiplié par cinq depuis 2013.
  • Les internautes de «20 minutes» se sont penchés sur cette relation passionnelle.

Vivre une nouvelle jeunesse à plus de 70 ans, c’est un privilège rare que connaît le vinyle depuis quelques années. La 9e édition du Disquaire Day se déroule ce samedi chez 220 disquaires, dans 90 villes de France. L’objectif : attirer le public chez les indépendants. Le vinyle connaît un vrai renouveau, puisque les ventes ont été multipliées par cinq depuis 2013. Une affection partagée par les nostalgiques, mais aussi par les jeunes, puisqu’un acheteur sur trois a moins de 30 ans. Du grain particulier à l’esthétique des pochettes, 20 Minutes a donné la parole à ses lecteurs pour comprendre cet engouement.

« Le vinyle, c’est avant tout l’amour d’un son un peu plus chaud, un peu plus rond que du simple MP3. Mais surtout qui n’est pas figé dans le temps », explique Johan. Comme lui, les internautes évoquent un rapport presque physique avec le vinyle. En particulier concernant le son, comme le dit Charly : « Le vinyle craque comme un sol de théâtre en bois et c’est magique ». Ce craquement significatif, qui s’amplifie avec le temps, est le marqueur commun à tous les avis. Moon le résume efficacement : « davantage de relief, l’imperfection a un charme fou ». Un format qui permet une autre écoute, selon Alexis : « Le jour où j’ai acheté l’album Vitalogy de Pearl Jam, j’ai redécouvert totalement cet album. Je pouvais entendre des sons jamais entendus sur le CD ». Le grésillement émis par la glisse du diamant sur le disque est souvent mis en opposition avec le numérique : « On se rend vite compte qu’on est à des années-lumière du streaming ultra-compressé », précise Alex. Waylander abonde : « La qualité sonore est bien plus chaleureuse que le CD ou le MP3. »

Une question de charme

Outre le son, la notion matérielle du disque est prépondérante. « J’aime l’objet, parce qu’il est beau, la pochette est grande et rend vraiment hommage aux artistes qui ont travaillé dessus. Souvenez-vous de la pochette en jean avec fermeture éclair du Sticky Finger des Stones ! », interpelle Johan. La pochette fait donc partie intégrante de cet amour, comme le dit Maxime : « A une époque où les clips n’existaient pas, c’était l’identité visuelle de l’œuvre et de l’artiste ». Alex décrit ce binôme inséparable : « J’aime l’expérience couplée sonore/visuelle, avec des pressages où l’on peut admirer l’artwork, les inserts, les gadgets et parfois le disque lui-même (couleur, splatter) ». Des qualités qui semblent plus difficiles à retrouver sur le CD en raison de son format. La « galette » séduit Waylander pour les mêmes raisons : « J’adore le côté vintage de l’objet, sa classe parce que les visuels, artworks et photos rendent hommage aux illustrateurs, photographes et autres infographistes. »

Enfin, l’écoute de musique sur une platine amène à des gestes et des rituels oubliés. Iffic, ancien DJ dans un club en Bretagne, se rappelle : « Faire des enchaînements sur platines vinyles était un vrai régal. Pointer le morceau au diamant avec l’écoute au casque, et baisser le bras pile au bon moment… ». Johan, 26 ans, partage également ce plaisir : « Ce rituel de l’écoute, face à face avec l’ordre des chansons tel que pensé par les artistes, qui s’oppose à la consommation de chanson à l’unité. Et ce plaisir de retourner délicatement le disque. »

Disquaires, Internet et vide-greniers
 

De Goldilox, qui date le « début de (son) addiction à l’année 1976 », à Alexis, qui a découvert le vinyle « il y a cinq ans en vidant la cave de (ses) parents », tous les fans ont leurs astuces pour dénicher les perles rares. Les brocantes et vide-greniers sont très courus, mais Alex y met un bémol : « On pouvait encore trouver des bons disques à 5 euros, avant que le vinyle ne revienne à la mode et que tout le monde pense que son LP de Deep Purple coûte une fortune ». Pascal achète également en brocante mais précise : « Il y a de très bons disquaires à Paris. On peut trouver de belles affaires, des déstockages et autres outlets ». Alexis, lui, multiplie les fournisseurs pour compléter sa collection : « J’ai aujourd’hui 230 galettes – pas mal en cinq ans – achetées sur Internet, sur le site Discogs, mais aussi chez les disquaires et en conventions. » Preuve que l’amour se cultive tous les jours.