La future entrée en Bourse d'Uber en cinq chiffres vertigineux

$$$$$ Le leader mondial du VTC devrait se lancer à Wall Street en mai à une valorisation avoisinant les 100 milliards de dollars

Philippe Berry

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Le directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, le 5 septembre 2018.
Le directeur général d'Uber, Dara Khosrowshahi, le 5 septembre 2018. — Richard Drew/AP/SIPA

L’entreprise qui valait 100 milliards. L'américain Uber a donné jeudi le coup d’envoi officiel de son entrée en Bourse en déposant son dossier auprès du gendarme américain des marchés (formulaire S-1). Si le leader mondial du VTC n’a pas encore dévoilé sa fourchette de prix, les analystes misent sur une valorisation autour de 100 milliards de dollars et des débuts à Wall Street en mai. Cela devrait en faire l’une des plus grosses introductions en Bourse de l’histoire pour une entreprise américaine. La preuve par cinq.

100 milliards de dollars : la valorisation

Certains analystes tablaient sur une fourchette haute à 120 milliards de dollars. Mais les premiers pas de son concurrent Lyft à Wall Street, qui a perdu 15 % en 15 jours, ont refroidi Uber. L’entreprise devrait vendre pour environ 10 milliards de dollars d’actions, à un prix la valorisant autour de 100 milliards de dollars. C’est comparable à Facebook en 2012 (104 milliards) et quatre fois plus que Google en 2004 (23 milliards).

8,6 milliards de dollars : la fortune de son ancien patron

Travis Kalanick a peut-être été écarté de force après des scandales à répétition, mais le cofondateur d’Uber va toucher le jackpot. Selon le formulaire déposé, il possède encore 8,6 % du capital. Il devrait donc se retrouver à la tête d’une fortune en actions d’environ 8,6 milliards de dollars. Cela devrait lui permettre de rentrer dans le top 200 des personnes les plus riches du monde, devançant notamment Patrick Drahi dans le classement Forbes.

11,3 milliards de dollars : le chiffre d’affaires en 2018

11,3 milliards de chiffre d’affaires en 2018, c’est une hausse de 43 % par rapport à l’année précédente. Pour sa croissance dans les prochaines années, Uber mise sur « les véhicules autonomes, les drones de livraison et les véhicules décollant et atterrissant verticalement. » Au CES de Las Vegas, l’entreprise avait dévoilé un prototype de taxi volant avec Bell Helicopter. Les voitures questions autour des voitures sans chauffeurs représentent également un risque : « Si nous ne parvenions pas à commercialiser avec succès une technologie de véhicules autonomes, ou pas avant nos concurrents, cela aurait un impact défavorable sur nos performances financières. »

1,8 milliard de dollars : sa perte d’exploitation en 2018

L’an dernier, Uber a pour la première fois de son histoire réalisé un bénéfice, gagnant 997 millions de dollars. Mais il est principalement dû à la vente de son activité en Russie et en Asie du sud-est. Sa perte d’exploitation, plus représentative de ses performances, est encore d’1,8 milliard de dollars. C’est deux fois moins qu’en 2017.

91 millions : le nombre de clients mensuels

Uber inclut les personnes qui ont payé pour un trajet ou qui ont commandé à manger via Uber Eats. Détail intéressant : Uber précise dans le document qu’il a perdu « plusieurs centaines de milliers de clients » lors de la campagne #DeleteUber en 2017.