Fin du plastique à usage unique, quelles sont les alternatives?

ENVIRONNEMENT Le Parlement européen a entériné, la semaine dernière, l’interdiction des plastiques à usage unique à partir de 2021 dans l’Union européenne

Romarik Le Dourneuf

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Des gobelets en plastique à usage unique.
Des gobelets en plastique à usage unique. — MYCHELE DANIAU / AFP
  • L’Union européenne a récemment décidé la fin de produits en plastique à usage unique à compter de 2021, afin de protéger les océans.
  • Des « outils » du quotidien, comme les cotons-tiges, les pailles, les couverts ou encore les touillettes, sont concernés.
  • De nombreuses alternatives existent pour remplacer ces produits tout en respectant l’environnement.

Des petites habitudes du quotidien qu’il va falloir changer rapidement. La semaine dernière, le Parlement européen a entériné la fin dans l’Union européenne, à partir de 2021, de  produits en plastique à usage unique qui polluent les océans. En tout, une dizaine de catégories de produits seront concernées. Parmi elles, les pailles, les touillettes, les couverts, ou encore les gobelets et les cotons-tiges. D’autres catégories, comme les produits oxodégradables (étiquetés biodégradables de façon abusive) ou les bouteilles en plastique, devront être collectées à 90 % et être composées à 25 % de produits recyclés. Des alternatives existent pour remplacer ces produits, sachant que « le premier réflexe à avoir est de réduire son utilisation de produits au quotidien », estime Hélène de Vestele, fondatrice de l’organisme de formation à la réduction de déchets Edeni.

De l’inox ou du bois pour les couverts

Pour oublier les couverts en plastique, ceux en inox prennent peu de place, sont solides, et c’est un matériau inaltérable et recyclable à l’infini. Ils existent sous différentes formes, comme le 3-en-1 ou en format couteau suisse. Autre possibilité, les couverts et assiettes en bois, réutilisables à long terme, qui se marient avec l’esprit « nature » et sont recyclables. Idem pour le carton, mais les assiettes de ce type sont parfois surmontées d’une fine couche de plastique. Il faut donc vérifier qu’elles soient uniquement composées de matières végétales ou de papier.

Des récipients en verre pour les aliments

Pour contenir les aliments et les conserver, le plastique est omniprésent. Mais il est possible de l’éviter grâce au vrac. Les bocaux en verre ont le vent en poupe. Cela implique de se présenter dans les magasins dédiés avec ses propres contenants. Comme l’inox, le verre ne s’altère pas et se recycle à 100 %. Pour les repas à emporter, mieux vaut proposer au vendeur de servir directement dans un bento en inox, en verre ou en bois, par exemple ceux de Bento & co. D’autres entreprises proposent des emballages en cellulose ou en cire végétale.

Un mug en terre cuite pour sa boisson

Le plus simple est d’utiliser son propre mug, notamment en terre cuite. Dans les magasins dédiés au camping ou à la randonnée, on trouve des verres pliables en inox, pour moins d’encombrement. Boire un café à la machine sans plastique, la start-up CED’IN y a par ailleurs pensé. Elle propose un distributeur qui récupère les gobelets pour les nettoyer et les réutiliser. Une solution qui produit moins de déchets que les gobelets en carton, souvent composés en partie de plastique.

D’autre part, pour se passer des bouteilles en plastique, la gourde s’avère utile. On la trouve dans les magasins type Altermundi avec des modèles multiples, selon la taille, la couleur ou la praticité d’utilisation. Sachant que les enseignes qui fournissent des liquides en vrac se développent, il est possible de trouver des fontaines d’eau ou de soda. « Il existe un retard sur le liquide, mais il y a du progrès, on trouve même des fontaines d’huile d’olive », ajoute Anne-Fleur Hug, chargé de plaidoyer à l'association Zero Waste.

Du bambou pour siroter

Pour boire à la paille, le bambou va apporter une touche exotique et écologique. Les pailles en bambou, trouvables en ligne, notamment via WWF France, s’avèrent presque aussi solides que les pailles en acier inoxydable. Sinon, les pailles en papier réutilisable ou des pailles en amidon de maïs, comme le propose Bio futura, feront l’affaire. Il existe aussi des moules à paille, qui permettent de les faire directement en glace.

Du végétal pour faire sa toilette

Les brosses à dents ne sont pas à usage unique et pourtant, nous en utilisons plusieurs par an (les dentistes conseillent de changer tous les trois mois). Les associations comme Zero Waste conseillent de remplacer les brosses traditionnelles par celles fabriquées en bambou. Les poils sont en huile de ricin, écoresponsable, et seule la tête est à changer. Pour les oreilles, vous pouvez abandonner les cotons-tiges pour un oriculi, disponible dans le commerce, notamment chez Naturalia. Un petit bâton de bois dont l’extrémité est fine et plate. Il est lavable et réutilisable pendant des années.

Du tissu pour transporter

Les sacs plastique à usage unique sont interdits en caisse depuis juillet 2016. Et l’UE veut interdire tous les sacs plastiques oxodégradables, qui se décomposent en particules microplastiques. Le sac en tissu (tote bag) s’est imposé depuis plusieurs années. « Il est transportable facilement, on peut l’utiliser comme sac principal, le transporter plié dans un sac à main ou dans une poche de veste », explique Hélène de Vestele. Sans sac à dos ni tote bag, la solution réside dans le sac en papier kraft, s’il est proposé, ou un sac en polypropylène tissé, qui durera des années.

Au final, assure Hélène de Vestele, de l’organisme Edeni, « il ne faut surtout pas culpabiliser les gens, mais être pédagogue. Beaucoup pensent, à tort, que le recyclage est la solution. Mais cela implique de mobiliser de nouvelles ressources, en plus de beaucoup de coûts cachés. » L’enjeu est donc de privilégier la réutilisation et les matières naturelles.

 

Attention aux fausses bonnes idées :

  • Vouloir le “tout recyclable” : Il vaut mieux garder un sac en plastique dur 5 ans qu’utiliser un sac en papier par jour.
  • Penser que les sacs oxodégradables sont recyclables ou compostables : ils se dégradent mais se décomposent en microparticules de plastiques