Airbus: Le parachute doré de Tom Enders, estimé à 36,8 millions d'euros, suscite une vague de critiques

POLEMIQUE Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a de son côté indiqué qu’il était « opposé aux indemnités excessives »

B.C.

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Tom Enders, le président exécutif d'Airbus. (Illustration)
Tom Enders, le président exécutif d'Airbus. (Illustration) — F. Scheiber / SIPA
  • Tom Enders, qui préside aux destinées d’Airbus depuis sept ans, doit partir à la retraite le 10 avril.
  • Selon un cabinet d’étude, il pourrait s’envoler avec une enveloppe de départ de 36,8 millions d’euros.
  • Le montant de ce parachute doré suscite de nombreuses critiques, y compris celle du ministre de l’Economie.

Une semaine avant son départ à la retraite, la (grosse) enveloppe que Tom Enders pourrait toucher en quittant la tête d’Airbus a suscité de nombreuses critiques. Selon une estimation réalisée par le cabinet d’étude Proxinvest, le parachute doré du dirigeant allemand serait de 36,8 millions d’euros au total.

Une première salve est venue du ministère de l’Economie. « Je suis opposé aux rémunérations excessives, en particulier en matière de retraites chapeaux, qui décrédibilisent le capitalisme et rendent ces équilibres incompréhensibles et injustes », a indiqué Bruno Le Maire dans une interview accordée au journal Les Echos.

Pour le ministre, le montant « est manifestement excessif et peut porter atteinte à la réputation d’Airbus ». Au passage, le représentant de l’Etat, qui est actionnaire du groupe à hauteur de 11 % mais pas représenté au sein du Conseil, a appelé les administrateurs d’Airbus à en tirer les conséquences.

« Délirant et scandaleux » pour la CGT Airbus

L’entreprise étant de droit néerlandais, le vote des actionnaires n’est pas nécessaire comme cela est le cas en France. Pour Christophe Lloret, délégué central CGT Airbus à Toulouse, « ce système est à changer ».

« Quel poids peuvent avoir les états actionnaires, s’ils n’ont aucune prise sur ce genre de décision. C’est délirant et scandaleux d’être aussi fortement rémunéré, il y a un fossé entre les salaires les plus bas et ceux des dirigeants alors que depuis plusieurs mois en France les "gilets jaunes" demandent plus de justice sociale », critique-t-il.

Pour ce représentant syndical, la justification des rémunérations très élevées pour attirer les « capitaines d’industrie » n’est pas valable. « Les petits salaires aussi se dépensent toute l’année pour la réussite de l’entreprise, nous venons de finir les négociations et avons obtenu en moyenne 4,05 % d’augmentation de la masse salariale sur 18 mois, lui s’en va avec 37 millions d’euros de parachute doré », plaide-t-il.