Un homme se sert de son téléphone pour aller sur internet (image d'illustration).
Un homme se sert de son téléphone pour aller sur internet (image d'illustration). — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

ZONE BLANCHE

En France, 6,8 millions de personnes n'ont pas accès à internet

UFC-Que Choisir s’inquiète des retards pris dans le déploiement de la fibre et de l’écart de plus en plus important existant entre villes et campagnes

Ils sont en zone blanche. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir estime que 6,8 millions de personnes sont « privées d’un accès de qualité minimale à internet », dans une enquête parue ce jeudi.

Pour l’association, « 10,1 % des consommateurs ne disposent pas d’un internet de qualité minimale », quant au bon haut débit, « ce sont près de 12,8 millions de personnes qui en sont privés ». Dans cette étude, il y a deux France : celle des villes de plus de 10.000 habitants, où plus de 95 % des habitants ont accès à internet, et celle des villages de moins de 1.000 habitants, où cette proportion baisse à 69 %, précise Le Figaro. Dans les grandes villes, en revanche, la couverture est « monnaie courante ».

Les zones rurales en pleine « fracture numérique »

« Déjà confrontés au recul des services publics ou à la fracture sanitaire, les zones rurales sont celles qui subissent davantage les effets de la fracture numérique », estime l’association, alors qu'« un tiers » des habitants des communes de moins de 1.000 habitants « ne peut pas accéder à un internet de qualité minimale ».

L’association s’inquiète par ailleurs des retards pris dans le déploiement de la fibre et de l’écart de plus en plus important existant sur le débit disponible entre villes et campagnes. Selon son Observatoire de la qualité de l’internet, « les communes les plus rurales subissent en moyenne des débits 43 % plus faibles que les villes de plus de 30.000 habitants », un écart qui s’accentue une fois la fibre présente, les villes disposant d’un débit moyen de 284 Mbit/s quand les petites communes doivent se contenter de 50 Mbit/s.

Un bon débit pour tous fin 2020

L’association s’inquiète aussi du manque de transparence de l’Etat sur le sujet. Selon l’UFC-Que Choisir, « les données sur les débits théoriques proposés aux consommateurs dans sa maille la plus fine, à savoir la commune, ne sont plus disponibles depuis un an », rendant d’autant plus difficile la réalisation de son étude.

L’observatoire souligne toutefois que ce sont bien les zones rurales qui profitent le plus du passage à la fibre, avec une amélioration très sensible notamment de la qualité des vidéos, précisant au passage qu’une « forte montée en débit sur le réseau cuivre historique peut constituer un substitut salutaire à la fibre lorsque celle-ci n’est pas disponible ».

Le président de la République Emmanuel Macron avait promis lors de son entrée à l’Elysée un bon débit pour tous fin 2020, avec un objectif de très haut débit pour tous, via la fibre ou d’autres technologies, pour 2022.