Ile-de-France: La région se réjouit de son attractivité mais craint la crise des «gilets jaunes»

ECONOMIE L’an dernier, la région a comptabilisé 409 projets internationaux « d’implantation, d’investissements ou de relocalisation d’équipes » en Ile-de-France

Romain Lescurieux

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Le siège de la région Ile-de-France à saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).
Le siège de la région Ile-de-France à saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). — PHILIPPE LOPEZ / AFP
  • En 2018, la région a comptabilisé 409 projets internationaux « d’implantation, d’investissements ou de relocalisation d’équipes ».
  • Selon Valérie Pécresse, l’Ile-de-France est devenue « la première place financière d’Europe ».
  • Pour Franck Margain, président de Paris Région Entreprises, la crise des «gilets jaunes» pourrait avoir un impact sur « l’attractivité ».

« Nous allons mettre les bouchées doubles. Nous devons faire de l’Ile-de-France, la métropole européenne de l’attractivité internationale (…) mais la région maintient son niveau d’attraction des investissements étrangers. Cela montre une vraie confiance », a déclaré ce lundi la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, lors d’une conférence de presse sur l’attractivité en 2018.

409 projets internationaux

L’an dernier, la région a comptabilisé 409 projets internationaux « d’implantation, d’investissement ou de relocalisation d’équipes » en Ile-de-France, représentant un potentiel de plus de 6.000 emplois, ce qui la place comme la première région d’Europe continentale. Valérie Pécresse a voulu faire du Brexit​ une opportunité pour l’Ile-de-France.

Depuis le référendum sur le Brexit en 2016, « 213 projets » d’investissements ou de relocalisation d’entreprises britanniques en Ile-de-France ont été identifiés (notamment des grandes banques), et 90 ont été « actés » (pour un total de 4.160 emplois). Parmi ces 213 projets, 140 sont ou ont été accompagnés par le guichet unique Choose Paris Région ou par les équipes de Paris Région Entreprises.

Selon Valérie Pécresse, l’Ile-de-France est devenue « la première place financière d’Europe », qui mentionne notamment le transfert du siège de l'Autorité bancaire européenne (ABE) de Londres à Paris. Elle veut également en faire « la Silicon Valley d’Europe » (en matière d’intelligence artificielle, de recherche et développement), mais aussi « une des grandes régions automobiles d’Europe », après l’annonce de plusieurs fermetures d’usines en Grande-Bretagne. « Nous sommes prêts à les accueillir », a-t-elle dit.

Quid de « la crise des gilets jaunes » ?

Le bémol dans cet enthousiasme est venu de Franck Margain, président de Paris Région Entreprises, qui a accompagné ces entreprises dans leur implantation, et selon qui la crise des « gilets jaunes » pourrait avoir un impact sur « l’attractivité ».

« Le contexte de la crise des "gilets jaunes", dont on ne voit pas l’aboutissement et qui a atteint un nouveau pic de violences et de dégradations samedi dernier, donne à l’étranger une image catastrophique de notre pays et de notre région », déplore-t-il avant de préciser : « Cela fait maintenant plus de quatre mois que les "gilets jaunes" défilent chaque samedi dans Paris, occasionnant régulièrement des pertes de chiffres d’affaires importantes pour les entreprises basées dans la région. Si les investisseurs étrangers font pour le moment preuve de sang-froid, la situation actuelle ne peut pas s’éterniser. »

« Les violences ont pour l’instant un impact contenu sur l’attractivité de l’Ile-de-France. Notre image reste bonne auprès des investisseurs », nuance Valérie Pécresse. « Mais nous avons déjà des chiffres de réservation en baisse sur nos compagnies aériennes », reconnaît la présidente de la région qui a appelé le gouvernement « à prendre ses responsabilités ».