Nantes: La ville veut booster ses commerces en leur réservant les meilleurs emplacements

COMMERCES Le conseil municipal de Nantes doit se prononcer, vendredi, sur l'instauration d'un droit de préemption sur les emplacements commerciaux

Julie Urbach

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NANTES, le 23/04/2013 La foule dans la rue du calvaire
NANTES, le 23/04/2013 La foule dans la rue du calvaire — FABRICE ELSNER/20MINUTES
  • La mairie de Nantes va se doter d’un outil de contrôle qui permettra de surveiller la mutation des commerces.
  • Elle pourra faire jouer son droit de préemption dans les cas où elle estimerait que la dynamique commerciale serait dénaturée ou menacée.
  • L'objectif de la mairie est que les emplacements stratégiques reviennent aux boutiques plutôt qu'à des agences bancaires ou immobilières.

Une brasserie, quelques magasins et… des banques. Tel est le visage actuel de la très fréquentée place Royale à Nantes. Alors que l’activité commerciale, perturbée par le mouvement des « gilets jaunes », n’est actuellement pas au top de sa forme, la mairie réfléchit à la façon de développer l’offre de boutiques en centre-ville. Et notamment en leur proposant des emplacements stratégiques, encore trop souvent occupés selon elle par des mutuelles, agences immobilières, ou bancaires.

Vendredi, lors du conseil municipal, le droit de préemption pour les commerces de l’hypercentre sera soumis au vote, comme c’est déjà le cas dans plusieurs communes de France. « Il s’agira d’un outil de contrôle qui permettra de surveiller la mutation des commerces, explique Alain Robert, adjoint à l’urbanisme. A chaque changement d’activité, la ville sera prévenue, et elle pourra s’y opposer dans les cas où elle estimerait que la dynamique commerciale serait dénaturée ou menacée. »

« Discontinuités commerciales »

Concrètement, cette disposition doit permettre de limiter la prolifération des services ou cabinets médicaux de rez-de-chaussée, au profit des boutiques. Ou encore de pouvoir privilégier un type de magasin à un autre, selon les cas. Mais aussi d’aider à la fusion de locaux, afin de créer des surfaces de plus de 200 m², recherchées par certaines grosses marques désireuses de s’implanter dans la Cité des ducs.

« Nous voulons éviter l’arrivée d’enseignes pas terribles à des emplacements très recherchés, comme ça a pu se produire dans le passé, continue Alain Robert. L’objectif est aussi de limiter les discontinuités commerciales. » La mairie imagine que ce droit permettra la plupart du temps d’ouvrir des négociations et d’aboutir à un accord. Mais dans les cas les plus extrêmes, la ville pourra racheter le local concerné.

Repérage de bâtiments

Sans attendre les renouvellements de baux, la ville a déjà engagé un travail de repérage de locaux qui pourrait abriter des commerces. Mais pour l’heure, il est évidemment impossible de chasser leurs occupants. « Nous avons identifié des bâtiments très intéressants, pour le moment non destinés au commerce, mais qui pourraient muter, indique Alain Robert. Ce seront des investisseurs commerciaux qui mèneront les négociations. »

« La logique de préemption peut être contraignante mais elle va favoriser une réflexion structurée, indispensable pour la stratégie du cœur de ville », réagit Yann Trichard. Selon le président de la CCI, il y a une « absolue nécessité d’accueillir de nouveaux commerces ». Si certaines galeries marchandes peinent à se remplir, seules 39 cellules, sur les 1.800 que compte le centre-ville de Nantes, seraient vides. Un taux de vacance parmi les plus faibles de France.