Le déficit de la Sécurité sociale divisé par quatre en 2018, un résultat moins bon que prévu

GROS SOUS Seule l’Assurance maladie est encore déficitaire, malgré un redressement spectaculaire, de -4,9 à -0,7 milliard d'euros

20 Minutes avec AFP

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Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, le 28 septembre 2017 à Paris.
Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, le 28 septembre 2017 à Paris. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Le déficit de la Sécurité sociale a été divisé par quatre l’an dernier, à 1,2 milliard d’euros contre 5,1 milliards en 2017, ont annoncé ce vendredi les ministres de la Santé Agnès Buzyn et des Comptes publics Gérald Darmanin. Ce résultat a beau être « le meilleur depuis 18 ans », il est toutefois moins bon que la dernière prévision du gouvernement, qui tablait sur 1 milliard, rappellent les deux ministres dans un communiqué.

« Les comptes sociaux sont tenus », se sont félicités Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, vantant le « sérieux budgétaire et financier du gouvernement depuis le début du quinquennat ». Dans le détail, la branche famille est sortie du rouge « pour la première fois depuis 2003 » et affiche un solde positif de 0,5 milliard.

Le Fonds de solidarité vieillesse reste dans le vert

Déjà excédentaires les années précédentes, les branches retraite (+0,2 milliard) et AT-MP (+0,7 milliard) sont restées dans le vert. Seule l’Assurance maladie est encore déficitaire, malgré un redressement spectaculaire (de -4,9 à -0,7 milliard) et une « maîtrise des dépenses », dont l’objectif de progression a été « respecté pour la 9e année consécutive », avec une réalisation « inférieure à la cible de 2,3 % fixée par le gouvernement ».

Le tout « sans creuser les déficits des hôpitaux », qui ont récupéré l’intégralité des crédits gelés début 2018 et obtenu en prime une rallonge de 300 millions d’euros, débloquée mercredi par Agnès Buzyn. Même le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), traditionnellement à découvert, a nettement réduit sa perte (de -2,9 à -1,8 milliard), « enregistrant ainsi son plus faible déficit depuis 10 ans ».

2,6 milliards d’euros débloqués en urgence

Les deux ministres ne donnent en revanche aucune indication sur le budget 2019, qui devait marquer un historique retour à l’équilibre de la Sécu, avant que la crise des « gilets jaunes » ne change la donne. Ce scénario est désormais « compromis », a reconnu Agnès Buzyn en janvier, après le vote des « mesures d’urgence » promises par Emmanuel Macron.

La baisse du taux de CSG pour une partie des retraités et l’avancement au 1er janvier – au lieu du 1er avril – de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires vont en effet priver la Sécu de 2,6 milliards d’euros de recettes, sans que l’Etat ne s’engage à compenser ce manque à gagner.