L’Etat va demander des comptes à Südzucker après la fermeture de deux usines Saint-Louis Sucre

FERMETURE DE SUCRERIE Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume juge inacceptable la décision de fermer deux sucreries en France et va demander des comptes à l’industriel allemand Südzucker

Adrien Max

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L'usine Saint-Louis Sucre à Marseille
L'usine Saint-Louis Sucre à Marseille — C. Delabroy / 20 Minutes
  • Didier Guillaume, le ministre de l’Agriculture doit rencontrer le président de Südzucker la semaine prochaine avec Bruno Le Maire, ministre de l’Economie.
  • Südzucker a annoncé à la mi-février la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France.
  • Le site de Marseille devrait perdre 53 emplois, pour ne conserver que cinq employés.

« Nous allons répondre par une attitude politique forte du gouvernement ». Le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a jugé « inacceptable » la décision « unilatérale » de l’industriel allemand Südzucker de fermer deux sucreries en France, et va lui « demander des comptes » quand il le rencontrera la semaine prochaine avec Bruno Le Maire.

L’industriel Saint-Louis Sucre, filiale depuis 2001 de Südzucker, a annoncé le 14 février la fermeture de deux de ses quatre sucreries en France en 2020 ainsi qu’une vaste réorganisation pour faire face à une baisse des cours du sucre, ce qui se traduirait par 130 suppressions d’emplois. Les sites de Cagny (Calvados), Eppeville (Somme) et Marseille sont visés.

Situation inacceptable

« Nous allons demander des comptes au président de Südzucker. Face à la loi du marché nous allons répondre par une attitude politique forte du gouvernement. Nous ne laisserons pas démanteler la filière sucrière et betteravière française », a déclaré mardi Didier Guillaume en réponse aux questions de plusieurs députés devant l’Assemblée nationale.

« Il est absolument inacceptable que cette situation se passe de façon tellement unilatérale, sans prendre en compte la situation agricole, économique », a déclaré le ministre, évoquant la « stratégie d’une entreprise allemande qui va mettre à mal toute une filière sucrière et betteravière ».

« Dès cette semaine, je reçois au ministère de l’Agriculture l’ensemble des sites concernés dans le Calvados, la Somme et les Bouches du Rhône, et la semaine prochaine avec Bruno Le Maire, nous recevons le PDG de l’entreprise allemande Südzucker, afin de voir ce qu’il en est », a ajouté le ministre.

« Une volonté de la filière sucrière d’aller de l’avant »

« Aujourd’hui l’entreprise allemande choisit de garder quelques salariés par site, ce qui empêche toute reprise et toute éventuelle restructuration », c’est pourquoi « nous avons travaillé tout le week-end avec les responsables de la filière sucrière et betteravière nationale », a rappelé le ministre.

Pour lui, « cette situation est absolument dramatique, dans la mesure où il y a en France une volonté de la filière sucrière, et notamment betteravière, d’aller de l’avant et de se restructurer ; la fin des quotas sucriers nous pose un vrai problème ».