Nord: Altifort n’a pas les fonds pour la reprise d’Ascoval

INDUSTRIE Pour le ministère de l’Economie, le repreneur « a trompé tout le monde »

Mikael Libert

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L'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, dans le Nord.
L'aciérie Ascoval, à Saint-Saulve, dans le Nord. — F.Lo Presti/AFP

Coup de théâtre. Ce jeudi, le ministère de l’Economie a annoncé à l’AFP qu'Altifort, repreneur désigné par la justice de l'aciérie Ascoval, ne disposait d’aucun des fonds promis dans son plan de reprise. Bercy a d’ores et déjà relancé les anciens candidats à la reprise a confirmé à 20 Minutes Cédric Orban, président d’Ascoval.

Mi-décembre, après de multiples reports, le tribunal de Strasbourg avait accepté l’offre de reprise de l’aciérie de Saint-Saulve par l’industriel franco-belge Altifort. Sur les 152 millions d’euros du montant total de l'opération, Altifort devait mettre 35 millions, dont dix millions de fonds propres. Le reste étant composé de fonds publics sous forme de prêts.

Altifort « a trompé tout le monde »

« Altifort nous a confirmé qu’il ne pourrait verser aucun des fonds sur lesquels il s’était engagé, ni les dix millions de fonds propres, ni les 25 millions de levée de fonds », a précisé une source au cabinet du ministre de l’Economie, ajoutant qu’Altifort « a trompé tout le monde ».

« C’est un coup de massue que nous avons reçu », déplore Cédric Orban, qui ne s’explique pas pourquoi Altifort n’a pas réuni les fonds, « malgré les preuves apportées au tribunal ». Pour autant, le président de l’aciérie n’y voit pas de la mauvaise volonté de la part du repreneur : « Altifort est très impliqué dans le développement commercial et industriel. Nous avons gagné de nouveaux clients et notre carnet de commandes se remplit », assure-t-il.

Les administrateurs judiciaires ont demandé une nouvelle audience au tribunal de Strasbourg. Elle a été fixée au 27 février. Il existe trois options selon Cédric Orban : « Si Altifort arrive avec l’argent, l’audience sera très courte. S’il ne vient qu’avec une partie de l’argent, le tribunal peut lui accorder un nouveau délai pour trouver le reste. S’il arrive sans rien, le juge va annuler la cession et l’on repart sur la même situation qu’au 31 janvier dernier. »

Le ministère de l’Economie a relancé les anciens candidats à la reprise et, notamment, Monaco resorts : « C’était un des dossiers les plus solides qui permettait de maintenir la totalité de l’emploi. J’ai échangé avec eux, mercredi, ils ne sont pas fermés », assure Cédric Orban. En attendant, la situation presse, les salaires devant être versés à la fin du mois et les fournisseurs devant être payés. « Financièrement, nous pouvons encore tenir quelques semaines », promet le dirigeant.