«Gilets jaunes»: Bilan mitigé pour les soldes d'hiver, plombés par les manifestations

VENTES Les enseignes d'habillement enregistrent une baisse de 2,4 % de leurs ventes

20 Minutes avec AFP

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Soldes d'hiver à Nantes, le 18 janvier 2019.
Soldes d'hiver à Nantes, le 18 janvier 2019. — SIPA

Les soldes d’hiver, qui se terminent mardi soir, n’auront pas réussi à sauver la saison. Les commerçants français dressent un bilan très mitigé de leur fin d’année, avec de fortes disparités entre les magasins. Ils appellent à la « mobilisation de tous » pour sortir de cette crise.

Interrogés par la CCI de Paris et d’Ile-de-France, 66 % des commerçants affirment que les ventes enregistrées sont « inférieures » à celle des précédents soldes d’hiver en raison des manifestations des « gilets jaunes ». 84 % des commerçants estiment qu’elles ont eu des répercussions importantes ou très importantes sur leur activité.

Fortes baisses dans les centres-villes

« L’effet "gilets jaunes" reste très marqué : la déconsommation le samedi perdure depuis trois mois à présent », rappelle à l’AFP Céline Choain, spécialiste du secteur mode et distribution au sein du cabinet Kea & Partners. « Tout le monde a fini l’année avec la gueule de bois. » L’Alliance du Commerce, qui représente 26.000 magasins dans le secteur de l’équipement de la personne, a constaté un recul des ventes de 0,9 % pour les grands magasins et de 2,4 % pour les enseignes de l’habillement.

« Toutefois, ces chiffres masquent une forte disparité entre les formats de magasins : les chaînes spécialisées, largement implantées dans les centres-villes, enregistrent une baisse de 2,3 % », les manifestations s’y étant désormais déplacées. A l’inverse, « les chaînes de grande diffusion, principalement situées en périphérie, connaissent une hausse de 2,3 % », précise-t-elle.

La fin d’un cycle

Pour la Fédération du commerce spécialisé Procos, l’activité de ses 260 enseignes a été « mitigée » en janvier, marquée « par une totale stagnation par rapport à 2018 (0 %) », sachant que « janvier 2018 fut mauvais (-3,5 %) ». « Heureusement, la météo, qui a viré au froid, a aidé » à vendre manteaux et gros pulls en deuxième partie, affirme à l’AFP Emmanuel Le Roch, le directeur général de Procos. « Avec une baisse de l’activité à Noël, des démarques qui sont arrivées plus vite et plus fort que d’habitude, les marges vont exploser », craint pour sa part Yohann Petiot, le directeur général de l’Alliance du Commerce.

« On est clairement arrivé à un bout de cycle », estime-t-il auprès de l’AFP, faisant référence à la loi Pacte qui doit instituer le passage des soldes à quatre semaines – au lieu de six – en 2020. Mais pour autant, « les soldes restent essentiels car c’est le seul moment où on peut vendre à perte », rappelle Yohann Petiot.

Néanmoins, la part du textile dans le budget des Français ne cessant de se réduire, le panier moyen pendant les soldes diminue : il est ainsi inférieur à l’année dernière pour 55 % des commerçants interrogés. Face à une situation « grave » et une crise des « gilets jaunes » qui perdure, « la mobilisation de tous est indispensable », affirme Yohann Petiot. « Le gouvernement doit rétablir la confiance et construire, en partenariat avec les acteurs du secteur et les territoires, une stratégie de long terme pour promouvoir et soutenir le commerce », conclut-il.