Royaume-Uni: Plus de 600.000 emplois menacés dans le monde en cas de «Brexit dur»

ETUDE Sans accord avec l'UE, le Royaume-Uni quitterait l'Europe en créant de nouvelles taxes douanières qui freineraient la demande des Britanniques en matière de produits européens importés

20 Minutes avec agences

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Un partisan du "Remain" (rester dans l'UE) avec une pancarte "Le Brexit, est-ce que ça vaut le coup" ?
Un partisan du "Remain" (rester dans l'UE) avec une pancarte "Le Brexit, est-ce que ça vaut le coup" ? — Alastair Grant/AP/SIPA

Un « Brexit » sans accord entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne ( UE) pourrait mettre en danger plus de 600.000 emplois dans le monde dans le secteur de l’échange des biens et services.

Une telle sortie de l’UE serait suivie de la création de nouvelles taxes douanières au Royaume-Uni. La population du pays serait alors moins demandeuse de produits fabriqués sur le reste du continent et importés, explique une étude allemande publiée ce lundi par l'institut IWH.

50.000 emplois menacés en France

Après le rejet par les députés britanniques le 15 janvier dernier des termes négociés par la première ministre Theresa May avec l’UE, les conditions dans lesquelles s’effectuera le « Brexit » prévu pour le 29 mars 2019 restent incertaines. Un scénario catastrophe « aurait pour conséquence de désordonner les chaînes de production internationales », analyse Oliver Holtemöller, co-auteur de l’étude.

Dans l’hypothèse d’une baisse de 25 % de la demande de produits européens importés au Royaume-Uni, 179.000 emplois seraient directement menacés dans toute l’UE. Parmi eux, 103.000 se trouvent en Allemagne, dont 15.000 dans le domaine de l’automobile. En France, 50.000 postes seraient concernés et le secteur des services aux entreprises serait le plus touché, avance les économistes de l’institut IWH.

« Une option parmi plusieurs »

De manière indirecte, 433.000 emplois supplémentaires seraient menacés au sein de l’Europe comme dans le reste du monde. 59.000 postes pourraient notamment être impactés en Chine chez des fournisseurs travaillant avec des sociétés européennes exportant vers le Royaume-Uni.

« Des licenciements ne sont qu’une option parmi plusieurs », tempère cependant le rapport. Les spécialistes estiment en effet que grâce au chômage partiel ou au ciblage de nouveaux clients, les entreprises concernées pourraient « essayer de garder les employés ».