Toulouse: Ils demandent aux actionnaires chinois de l'aéroport de «rendre l'argent»

PETITION Après l’annonce d’une possible vente des 49,99 % d’actions détenues par Casil Europe au sein de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le collectif contre sa privatisation a lancé une pétition

Beatrice Colin

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L'aéroport de Toulouse-Blagnac.
L'aéroport de Toulouse-Blagnac. — B. Colin / 20 Minutes
  • Quatre ans après avoir acheté 49,99 % des parts du capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (ATB), Casil Europe étudie les offres de rachat de plusieurs groupes.
  • L’annonce d’une possible revente crée des remous, notamment auprès des actionnaires publics locaux qui veulent conserver une majorité publique au sein d’ATB.
  • Le collectif d’opposants à la privatisation de l’aéroport lance une pétition où il demande à Casil Europe de restituer l’argent prélevé au cours des quatre dernières années sur les dividendes.

L’annonce d'une possible revente des parts détenues par Casil Europe au sein de la société gestionnaire de l’aéroport Toulouse-Blagnac n’en finit pas de faire réagir.

Il y a quelques jours, les actionnaires publics locaux montaient au créneau pour demander une « clarification urgente » de la part du consortium chinois qui détient depuis près de quatre ans 49,99% de l'actionnariat d'ATB.

Ils appelaient « l’Etat à la plus grande vigilance concernant notamment l’éventualité de céder les 10,01% qu'il détient encore » afin de conserver un actionnariat à majorité publique.

Sollicitée par 20 Minutes, la société Casil Europe indiquait la semaine dernière qu’elle n’était initialement pas vendeuse mais, face aux nombreuses sollicitations, avait décidé d’étudier les éventuelles candidatures. Sans qu’une vente soit certifiée à l’issue de ce tour de table de potentiels acquéreurs.

Pétition du collectif

Pour le collectif contre la privatisation de la gestion de l'aéroport Toulouse-Blagnac cette vente ne fait pas l’ombre d’un doute et elle permettrait au plus gros actionnaire d’ATB de faire une plus-value de 200 millions d’euros, quatre ans après son entrée au capital.

« En moins de quatre années, Casil Europe a perçu plus de 30 millions de dividendes, tout en menant une politique calamiteuse d’un point de vue environnemental, notamment avec l’augmentation d’avions plus bruyants surtout la nuit […]. Pour obtenir les actions en 2014, Casil Europe avait promis à l’État de s’inscrire durablement dans le paysage toulousain et d’investir 850 millions d’euros sur 30 ans. Avec le recul, il faut se rendre à l’évidence : personne n’a vu la couleur de l’argent promis », tacle le collectif.

Ses membres ont décidé de lancer une pétition baptisée «Rendez l'argent».
Ils demandent aux collectivités de se mobiliser pour « récupérer tout ou partie des
30 millions de dividendes et de priver Casil Europe de ses prélèvements ponctionnés sur ce bien commun ».

Dans la même logique, le collectif demande aux actionnaires publics locaux de saisir la justice pour obtenir la nullité de la cession des actions de l’État à Casil Europe, mais aussi la nullité de l’accord sur la distribution des dividendes.