Carlos Ghosn «prêt» à rembourser les 50.000 euros de son mariage à Versailles («il a cru que c'était gratuit»)

JUSTICE Un dîner de gala de Renault a également été organisé au château, pour une facture de 600.000 euros...

20 Minutes avec AFP

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 Le Château de Versailles, le 11 septembre 2015.
Le Château de Versailles, le 11 septembre 2015. — PATRICK KOVARIK / AFP

La folie des grandeurs. L’ancien patron de Renault Carlos Ghosn est « prêt » à rembourser les 50.000 euros dont il a bénéficié pour l’organisation de son mariage au château de Versailles le 8 octobre 2016, a déclaré vendredi à l’AFP son avocat, Jean-Yves Le Borgne. Il est « prêt à payer », a déclaré Me Le Borgne. « Il n’a jamais été conscient qu’il les devait puisqu’il n’a jamais été facturé », a-t-il expliqué. « Il a cru que c’était gratuit ».

Le groupe au losange a annoncé jeudi qu’il allait signaler à la justice que Carlos Ghosn avait reçu un avantage en nature de 50.000 euros dans le cadre d’une convention de mécénat avec le Château de Versailles. « Renault a demandé la mise à disposition de la galerie des Cotelle et du péristyle du Grand Trianon pour l’organisation d’un dîner le 8 octobre 2016 », a indiqué de son côté le château de Versailles, dans un communiqué.

Contacté par l’AFP, le parquet de Nanterre a indiqué avoir reçu vendredi « à leur demande » les avocats de Renault sur cette affaire. « Aucune décision n’est encore prise sur une éventuelle enquête », précise le parquet.

Dîner à 600.000 euros

Vendredi, Les Echos et L’Express ont par ailleurs révélé qu’un dîner de gala avait été organisé au château de Versailles en 2014. Montant de la facture réglée par le constructeur : 600.000 euros. Officiellement, il s’agissait d’un événement pour les 15 ans de l’Alliance Renault-Nissan mais selon les deux médias, l’assistance était davantage composée d’amis de Ghosn que de représentants des deux constructeurs.

La date, le 9 mars, interroge également, puisqu’elle correspond exactement aux 60 ans du chef d’entreprise et non à celle de l’anniversaire de l’Alliance. « Il faut se calmer, les imaginations sont en ébullition. Le carton d’invitation dit bien qu’il s’agit des 15 ans de l’Alliance », a réagi Me Le Borgne.

Incarcéré au Japon

Le constructeur automobile a réalisé cette découverte dans le cadre d’investigations lancées en interne en novembre, peu après l’arrestation de son ancien patron au Japon. Jusqu’à présent, ces vérifications n’avaient mis en évidence aucun manquement attribuable au bâtisseur de l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors.

Interpellé à Tokyo le 19 novembre, l’ancien patron emblématique est incarcéré au Japon, soupçonné d’abus de confiance et de minoration de revenus dans les déclarations aux autorités boursières de 2010 à 2018. Ghosn, qui était à la tête de Renault depuis 2005, a démissionné de son poste fin janvier. Il avait été démis de la présidence de Nissan et Mitsubishi à la suite des premières révélations.