Alsace: Emploi, « gilets jaunes », les entreprises font leurs comptes

ECONOMIE Mouvement des « gilets jaunes », emploi, les entreprises, à travers un rapport de l’Urssaf, de la Banque de France et de la CCI Alsace Eurométropole, font un premier bilan de cette année 2018…

Gilles Varela

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(Illustrations)1.300 postes intérimaires ont été créés en un an dans le Bas-Rhin et 410 postes dans le Haut-Rhin.
(Illustrations)1.300 postes intérimaires ont été créés en un an dans le Bas-Rhin et 410 postes dans le Haut-Rhin. — V. Wartner / 20 Minutes
  • Les entreprises alsaciennes tirent un premier bilan de l’année 2018 et notent de fortes disparités entre les deux départements.
  • Si l’effet « gilets jaunes » ne semble pas avoir impacté le chiffre d’affaires des entreprises Alsaciennes, les commerces, en première ligne, reconnaissent souffrir de la situation.

Doucement, mais sûrement. C’est un peu le bilan tiré des données des enquêtes de conjoncture en Alsace de la Banque de France et de la CCI Alsace Eurométropole, mais aussi de l’Urssaf Grand Est.

C’est « une année surprenante », a déclaré jeudi lors de la présentation de ces enquêtes Jean-Luc Heimburger, président de la CCI. « Surprenante avec des décisions prises en faveur des entreprises, de la formation, la baisse des cotisations pour les PME, la simplification, mais aussi le mouvement des gilets jaunes. »

Les secteurs porteurs en Alsace

Au troisième trimestre 2018, côté emploi salarié du secteur privé non agricole, le Bas-Rhin tire son épingle du jeu avec une augmentation de 1,8 % sur un an (soit 6.130 créations de postes), selon l’Urssaf. Il reste le département le plus dynamique du Grand Est avec une évolution identique au trimestre précédent.

Parallèlement, dans le Haut-Rhin, pour la même période, l’emploi salarié n’augmente que de 0,5 %, soit plus de trois moins que chez son voisin. Dans les deux départements, l’intérim est particulièrement porteur, avec une création de 1.300 postes en un an pour le Bas-Rhin et de 410 postes dans le Haut-Rhin. A noter cependant un rythme bien moins fort dans ce département que ceux observés en 2017 et en début d’année.

Dynamisme vs. pertes d’effectifs

Autres secteurs dynamiques : le bâtiment, l’hébergement et la restauration. Viennent ensuite les services, avec les activités informatiques juridiques, de conseil et d’ingénierie ainsi que de l’action sociale.

En revanche, l’industrie perd 1 % de ses effectifs en un an, soit 500 destructions nettes d’emplois dans le Haut-Rhin. Sont particulièrement touchés la fabrication de transport et le bois papier. Et ce n’est guère mieux dans le Bas-Rhin où les effectifs n’augmentent que de 0,6 % (soit 430 postes), notamment dans l’industrie agroalimentaire et la métallurgie.

Aucun impact des « gilets jaunes » ?

Interrogés par la CCI Alsace Eurométropole sur « l’effet » des manifestations des « gilets jaunes » et sur une éventuelle retombée sur leur activité, « les dirigeants alsaciens ont pour 77 % affirmé n’avoir observé aucun impact négatif sur leur chiffre d’affaires. Mais il ne faudrait pas que ce mouvement perdure », prévient Jean-Luc Heimburger. Car « la France n’est pas un pays isolé, elle travaille avec les pays européens, qui ne comprennent pas tous cette situation. »

Mais, « globalement, le chiffre d’affaires des dirigeants alsaciens reste préservé », indique l’étude de la CCI. Cependant, elle tempère ces résultats, rappelant que 7 % d’entre eux ont connu de fortes conséquences négatives sur leur activité.

« Et en y regardant de plus près, reconnaît la CCI, on observe certaines disparités selon la taille de l’entreprise ou secteur d’activité concerné : les entreprises de taille moyenne sont les premières touchées (31 %) devant les petites structures (23 %). » Mais, « comme on pouvait s’y attendre, remarque Jean Luc Heimberger, ce sont les commerçants qui ont le plus souffert. Un tiers des dirigeants déclare avoir observé un impact négatif sur son chiffre d’affaires ».